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Faire face aux réductions de financement et à la sécurité des produits essentiels

Au Mozambique, les réductions de financement des États-Unis destinées à l’UNFPA et au Fonds mondial ont considérablement diminué le soutien disponible pour les jeunes et les populations clés.

Au Mozambique, les réductions de financement des États-Unis destinées à l’UNFPA et au Fonds mondial ont considérablement diminué le soutien disponible pour les jeunes et les populations clés. Les ressources consacrées à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR) en contexte de crise humanitaire ont également été réduites, tout comme la distribution nationale des produits essentiels, avec un impact particulièrement marqué sur les populations vivant dans les zones reculées.

Contexte

L’Association Mozambicaine pour le Développement de la Famille (AMODEFA) est un partenaire stratégique du Ministère de la Santé et l’un des plus grands prestataires de services de santé sexuelle et reproductive (SSR) du pays. Créée en 1989, AMODEFA opère dans 10 des 11 provinces du Mozambique, offrant des informations et des services à travers 69 points de prestation, notamment des cliniques, des équipes mobiles, la distribution à base communautaire, ainsi qu’un appui technique aux structures publiques de santé.

En 2024, le profil des clients d’AMODEFA reflète un fort engagement en faveur des groupes marginalisés : 67 % des bénéficiaires étaient âgés de 10 à 24 ans ; 89 % étaient considérés comme pauvres ou vulnérables[1] ; et 21 % vivaient dans des contextes humanitaires, en particulier dans le nord du Mozambique, où l’insécurité et les catastrophes naturelles récurrentes sont fréquentes.

AMODEFA a déjà été confrontée aux conséquences des changements de la politique étrangère des États-Unis, notamment lors du rétablissement en 2017 de la « Mexico City Policy », qui a entraîné des coupes directes dans ses projets financés par l’USAID, une perte globale de 60 % du financement de ses projets, ainsi que la fermeture de 14 de ses 24 espaces adaptés aux jeunes.

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Impact : réductions de financement des États-Unis pour l’UNFPA et le Fonds mondial

Bien qu’AMODEFA ne recevait pas directement de financement de l’USAID avant le second mandat de l’administration Trump, l’organisation dépendait fortement de l’UNFPA et du Fonds mondial en tant que bailleurs intermédiaires tous deux ayant subi d’importantes réductions de financement en 2025. Cela a entraîné une perte de 500 000 dollars de financement pour AMODEFA, ainsi qu’une réduction estimée pouvant atteindre 20 % de son budget opérationnel pour 2025. En raison de ces coupes, AMODEFA estime qu’environ 200 000 personnes pourraient avoir perdu l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR) et/ou de lutte contre le VIH en 2025, en particulier les jeunes et les populations clés avec lesquelles l’organisation travaille principalement.

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Le financement de l’UNFPA permettait à AMODEFA de fournir des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) aux adolescents, aux jeunes et aux populations vulnérables à travers des activités de sensibilisation communautaire et en milieu scolaire, ainsi que via des espaces adaptés aux jeunes au sein de structures du secteur public dans les provinces humanitaires de Cabo Delgado et de Tete. Le financement des projets jeunesse dans la province de Tete a déjà été réduit ces dernières années en raison de l’évolution des priorités des bailleurs européens. Toutefois, en 2025, les coupes de financement américaines ont aggravé cette situation, entraînant une baisse de 54 % des financements des projets par rapport à 2024. Les effectifs d’AMODEFA ont été réduits de moitié dans la province de Tete et, en 2026, les zones d’intervention devraient être réduites de moitié, passant de 4 à 2 districts, avec une diminution annuelle du budget de 53 % par rapport à 2025. Par ailleurs, le financement de l’UNFPA pour Tete n’est sécurisé que jusqu’en mars 2026, et aucun financement n’a été obtenu pour poursuivre les activités dans la province de Cabo Delgado. Cette situation laisse les jeunes de cette province particulièrement touchée par les catastrophes naturelles avec un accès très limité, voire nul, aux informations et services de santé sexuelle et reproductive.

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Cette tendance est également observée dans la province de Manica, où le Fonds mondial soutenait AMODEFA dans la mise en œuvre de services intégrés de dépistage et de traitement du VIH et de la santé sexuelle et reproductive (SSR), y compris auprès des personnes en situation de handicap, des personnes LGBTIQ+, des migrants, des travailleurs et travailleuses du sexe et des usagers de drogues injectables. AMODEFA a enregistré une réduction budgétaire de 20 à 30 % en 2025, avec de nouvelles coupes attendues en 2026, ce qui réduit considérablement sa capacité à fournir des informations et services liés au VIH/IST aux populations clés.

Insécurité des produits essentiels affectant principalement les zones reculées

Les coupes de financement américaines affectent l’accès aux produits de santé sexuelle et reproductive (SSR) au Mozambique de deux manières : en réduisant le volume global des achats et de l’approvisionnement au niveau national, et en supprimant un soutien financier essentiel à la logistique de distribution à travers le pays. En conséquence, les structures publiques de santé et les partenaires tels qu’AMODEFA rencontrent des difficultés à accéder aux quantités nécessaires, au moment opportun, avec un risque particulièrement élevé de ruptures de stock dans les zones rurales et isolées. Dans un pays où 87 % des utilisateurs de contraceptifs dépendent de produits financés par l’USAID[2], l’impact immédiat sur l’accès et le choix des méthodes contraceptives sera considérable. À la demande du gouvernement, AMODEFA s’est mobilisée pour soutenir la distribution de produits dans plusieurs provinces et districts lorsque cela est possible, mais ne peut à elle seule combler ce déficit.

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Résilience et perspectives d’avenir

AMODEFA a développé un ensemble de stratégies visant à atténuer la crise actuelle de financement et à renforcer sa résilience. Une subvention d’urgence issue du Fonds de mitigation des risques de l’IPPF lui a permis de combler certaines lacunes immédiates de financement, en particulier pour les interventions en faveur des jeunes et des adolescents. AMODEFA travaille à diversifier sa base financière en recherchant activement de nouveaux partenariats avec les gouvernements, tout en s’efforçant d’augmenter les revenus issus des services auprès des clients ayant la capacité de payer, ce qui permet de compenser les coûts pour les personnes vivant dans la pauvreté. L’organisation explore également une transition accrue vers les services de santé numériques, notamment pour les jeunes, ainsi qu’un renforcement de la collaboration avec le secteur privé à travers la responsabilité sociétale des entreprises et les systèmes d’assurance. Bien qu’AMODEFA rapporte que des années de baisse progressive des financements, combinées aux récentes coupes, ont fragilisé des infrastructures essentielles, et que de nouvelles réductions sont redoutées, l’organisation demeure fermement engagée dans son rôle de protection et de promotion des droits en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR).

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REFERENCE

[1] Basé sur l’approche multidimensionnelle contextuelle d’IPPF pour mesurer la pauvreté et la vulnérabilité.

[2] Stover, John, et al. « Effects of reductions in US foreign assistance on HIV, tuberculosis, family planning, and maternal and child health: a modelling study », The Lancet Global Health, 13(10), 2025 : e1669–e1680.