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Les parents sont devenus des ambassadeurs de l’éducation à la sexualité au sein de leur communauté.

Par Maryanne W. WAWERU

L’Association membre de l’IPPF au Ghana, la Planned Parenthood Association of Ghana (PPAG), met en œuvre une initiative appelée « Sista’s Clubs », des espaces participatifs destinés aux adolescentes et aux jeunes femmes au niveau communautaire, où elles peuvent échanger sur des questions liées à la santé sexuelle et reproductive (SSR). Ces clubs favorisent un environnement propice à l’éducation à la sexualité grâce à des actions de plaidoyer menées au sein des communautés. Récemment, la PPAG a organisé une formation visant à renforcer les capacités des animatrices et animateurs afin qu’ils puissent conduire efficacement les sessions des « Sista’s Clubs ». L’une des animatrices, Zubaida Salifu, partage son expérience et témoigne de l’impact positif que ces clubs continuent d’avoir dans sa communauté. Zubaida s’est entretenue avec Maryanne W. Waweru.

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Je m’appelle Zubaida Salifu, j’ai 23 ans et je suis étudiante en dernière année de licence en sciences de l’éducation. Je suis passionnée par la transmission du savoir aux jeunes, ce qui explique mon ambition de devenir enseignante. Je suis également éducatrice de pairs formée par la Planned Parenthood Association of Ghana (PPAG), l’association membre de l’IPPF au Ghana, et je suis basée dans sa branche de Tamale, dans le nord du pays.

La PPAG me permet de poursuivre ce qui me passionne le plus : sensibiliser les jeunes à leurs droits et à leur santé sexuels et reproductifs (DSSR). Je suis particulièrement engagée dans l’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes.

Lutter contre les grossesses précoces dans la communauté

Dans ma communauté de Katariga, située dans le district de Sagnarigu à Tamale, les grossesses adolescentes constituent depuis des décennies une préoccupation majeure. Lorsque j’étais plus jeune, plusieurs de mes amies ont abandonné l’école après être tombées enceintes. J’ai été témoin des conséquences négatives de la maternité précoce, notamment l’interruption de la scolarité et l’abandon des ambitions de nombreuses jeunes filles. Cette réalité a nourri mon désir de devenir une actrice du changement.

Mon engagement au sein du groupe de jeunes bénévoles de la PPAG m’a permis de concrétiser cet objectif. Aujourd’hui, grâce à mon parcours scolaire et à mon implication auprès de la PPAG, je suis considérée comme l’un des modèles féminins de confiance de la communauté de Katariga.

Parmi mes responsabilités figure l’animation d’espaces de discussion sécurisés pour les adolescentes à travers une initiative appelée « Sista’s Club ». Chaque samedi, de 9 h à 11 h, j’accueille un groupe d’environ 20 filles âgées de 13 à 19 ans. Avec la bénédiction de mes parents, nos rencontres se déroulent dans la cour de notre maison familiale.

Les sessions du « Sista’s Club » visent à informer les adolescentes et les jeunes femmes sur les DSSR. Nous abordons des sujets tels que les relations entre filles et garçons, l’hygiène menstruelle, les grossesses précoces, le VIH/Sida et les relations saines avec les parents. Grâce aux formations régulières et aux sessions de renforcement des capacités organisées par la PPAG, je suis en mesure d’animer efficacement ces rencontres.

Quand les parents rejoignent le mouvement

Le « Sista’s Club » a généré des résultats remarquables. Ce qui avait commencé comme un espace d’autonomisation pour les adolescentes a progressivement impliqué les parents.

Tout a commencé lorsqu’une mère, par curiosité, a décidé d’accompagner sa fille de 17 ans à l’une de nos rencontres. Elle a assisté discrètement à toute la session et, satisfaite de ce qu’elle avait entendu, a ensuite encouragé ses amies et voisines à inscrire leurs filles aux « réunions de Zubaida » du samedi matin. Selon elle, les discussions étaient très bénéfiques pour sa fille.

Grâce à son témoignage, davantage de parents ont commencé à soutenir l’initiative et à encourager leurs filles à participer aux rencontres. Auparavant, beaucoup de parents se montraient réticents à l’idée que leurs enfants reçoivent une éducation à la sexualité, craignant que cela ne les incite à avoir des relations sexuelles précoces. Aujourd’hui, je suis heureuse de constater que les sessions du « Sista’s Club » ont contribué à dissiper ces inquiétudes en renforçant leur compréhension de l’importance d’une éducation à la sexualité adaptée à l’âge.

Favoriser le dialogue entre adolescentes et parents

Les retours que je reçois des participantes sont très encourageants. Elles me racontent qu’elles partagent désormais avec leurs parents ce qu’elles apprennent lors des sessions — une chose qui n’arrivait presque jamais auparavant. Sachant que de nombreux parents éprouvent des difficultés à parler de santé sexuelle et reproductive avec leurs enfants, les témoignages que je reçois, tant de la part des parents que des adolescentes, montrent que nos rencontres facilitent ces conversations.

Aujourd’hui, lorsque je me promène dans le village, des parents m’arrêtent pour m’inviter chez eux afin de discuter avec leurs filles de leurs besoins en DSSR et de l’importance de poursuivre leurs études à cette étape cruciale de leur vie.

Un impact positif sur l’éducation des filles

Je suis heureuse de constater qu’au cours des deux dernières années, grâce aux activités éducatives menées dans la communauté et à l’implication des parents, davantage de filles sont restées à l’école. Les abandons scolaires liés aux grossesses précoces sont désormais moins fréquents, car les jeunes filles disposent de meilleures informations pour prévenir les grossesses non désirées.

Je connais également plusieurs jeunes mères qui, encouragées par leurs parents à la suite de nos échanges, ont repris leurs études. Il est réconfortant de voir de plus en plus de parents soutenir les initiatives d’éducation à la sexualité dans la communauté, ce qui était rare auparavant.

Avec la diminution des grossesses adolescentes et le retour à l’école d’un plus grand nombre de jeunes mères, je suis convaincue qu’un changement profond est en cours à Katariga. Nous construisons une communauté de femmes autonomes et instruites, ce qui profitera à l’ensemble de la société. Comme le dit le proverbe : « Éduquer une femme, c’est éduquer toute une communauté. »

Au regard des résultats observés jusqu’à présent, je suis convaincue que d’autres associations membres de l’IPPF ainsi que d’autres organisations communautaires pourraient reproduire avec succès le modèle des « Sista’s Clubs ». Ces espaces ont démontré que donner aux filles les connaissances nécessaires sur leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs ne bénéficie pas seulement aux adolescentes elles-mêmes, mais renforce également les parents et, par extension, toute la communauté.

when

country

Ghana

region

Africa

Subject

Comprehensive Sex Education

Related Member Association

Planned Parenthood Association of Ghana