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Plus de 1,4 million de femmes et de filles en Afrique privées de contraception après la décision des États-Unis de détruire les stocks mondiaux

Pour diffusion immédiate

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6 août 2025 – La Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) a appris que plus de 9,7 millions de dollars de contraceptifs financés par les États-Unis vont être incinérés en France. Soixante-dix-sept pour cent de ces fournitures médicales essentielles étaient destinées à cinq pays de la région Afrique – République démocratique du Congo (RDC), Kenya, Tanzanie, Zambie et Mali – dont plusieurs font déjà face à de graves crises humanitaires.

La destruction de ces contraceptifs privera plus de 1,4 million de femmes et de filles d’un accès à des soins vitaux. Au lieu d’arriver dans les communautés qui en ont le plus besoin, ces fournitures – dont la date d’expiration s’étend pourtant de 2027 à 2029 – seront inutilement et scandaleusement détruites.

Les Associations Membres de l’IPPF dans les pays concernés devaient recevoir une partie de ces stocks. À la place, elles se retrouvent confrontées à une baisse brutale de l’approvisionnement, conséquence directe de la décision d’incinération.

Plus de 40 % de la valeur totale des contraceptifs stockés à Bruxelles étaient destinés à la Tanzanie. Dr Bakari, coordinateur de projet chez UMATI, l’Association Membre de l’IPPF en Tanzanie, déclare :

« Nous faisons face à un immense défi. L’impact des coupes budgétaires de l’USAID a déjà gravement affecté la fourniture de services de santé sexuelle et reproductive en Tanzanie, entraînant une pénurie de contraceptifs, notamment d’implants. Cette pénurie réduit les possibilités de choix des patient·es en matière de planification familiale. »

Ce nouveau développement ajoute une couche d’indignation à ce qui est déjà une décision politique cruelle. Ces contraceptifs avaient déjà été produits, emballés et prêts à être distribués. L’IPPF avait proposé de les redistribuer sans aucun coût pour les contribuables américains, mais cette proposition a été refusée. L’administration américaine démontre ainsi que la politique l’emporte sur l’économie, au vu des coûts supplémentaires engendrés par le transport, le stockage et la destruction de ces produits.

« La décision de détruire des produits prêts à l’emploi est révoltante et extrêmement gaspilleuse. Ces fournitures médicales vitales étaient destinées à des pays où l’accès aux soins reproductifs est déjà limité, et parfois même intégré à une réponse humanitaire plus large, comme en RDC. Le choix de les incinérer est injustifiable et sape les efforts visant à protéger la santé et les droits des femmes et des filles, » déclare Marie-Evelyne Petrus-Barry, Directrice régionale Afrique de l’IPPF.

Les partenaires locaux de l’IPPF en Afrique devront désormais affronter des obstacles accrus pour fournir des soins essentiels et vitaux. Selon la Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC), la perte de ces fournitures pourrait entraîner 362 000 grossesses non désirées et 110 000 avortements à risque :

· Tanzanie : 1 031 400 contraceptifs injectables et 365 100 implants ne seront pas distribués. Ces produits représentaient plus de 50 % du soutien annuel de l’USAID au système de santé tanzanien, soit 28 % des besoins annuels du pays.

· Mali : 1 100 880 pilules contraceptives et 95 800 implants seront supprimés, soit 24 % des besoins annuels du pays.

· Zambie : 48 400 implants et 295 000 contraceptifs injectables ne seront pas livrés aux femmes.

· Kenya : 108 000 femmes n’auront pas accès aux implants contraceptifs, représentant 13,5 % des besoins annuels du pays.

Nelly Munyasia, directrice exécutive du Reproductive Health Network Kenya, Association Membre de l’IPPF, témoigne :

« Au Kenya, les effets de l’arrêt des financements américains se font déjà sentir. Le gel a provoqué des ruptures de stock de contraceptifs, avec des réserves inférieures à cinq mois au lieu des 15 requis ; une réduction du renforcement des capacités pour les professionnel·les de santé ; une perturbation des systèmes logistiques et numériques ; et un déficit de financement de 46 % dans le programme national de planification familiale. Ces reculs systémiques interviennent alors que les besoins non satisfaits en contraception restent élevés : près d’1 fille sur 5, âgée de 15 à 19 ans, est enceinte ou a déjà accouché. Les avortements à risque demeurent parmi les **cinq principales causes de mortalité maternelle au Kenya. »

Sarah Durocher, présidente du Planning familial, Association Membre française de l’IPPF, ajoute :

« Nous appelons le gouvernement français à prendre ses responsabilités et à agir de toute urgence pour empêcher la destruction de contraceptifs financés par l’USAID. Il est inacceptable que la France, pays qui se revendique de la diplomatie féministe, reste silencieuse pendant que d’autres, comme la Belgique, se mobilisent pour dialoguer avec les États-Unis. Face à cette injustice, la **solidarité avec les personnes qui comptaient sur ces fournitures vitales n’est pas une option : c’est un devoir moral. »

« Nous ne resterons pas silencieux·ses pendant que des soins essentiels sont détruits au nom de l’idéologie », conclut Marie-Evelyne Petrus-Barry.


Notes :

Les partenaires locaux de l’IPPF dans les pays concernés incluent :

· Reproductive Health Network Kenya

· Chama cha Uzazi na Malezi Bora Tanzania (UMATI)

· Association Malienne pour la Protection et la Promotion de la Famille

· Planned Parenthood Association of Zambia

· Association Burkinabé pour le Bien-Être Familial

· Association pour le Bien-Être Familial/Naissances Désirables (Tunisie)

RHSC : Reproductive Health Supplies Coalition

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À propos de l’International Planned Parenthood Federation (IPPF)

L’IPPF est un fournisseur mondial de soins de santé et un défenseur de premier plan des droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR) pour toutes et tous. L’IPPF a été fondée en 1952, lors de la troisième Conférence internationale sur la planification familiale, par un groupe de femmes courageuses et déterminées.

Aujourd’hui, nous sommes un mouvement de 158 Associations Membres et partenaires collaboratifs présents dans plus de 153 pays.

Nos services sont variés : santé sexuelle, contraception, soins liés à l’avortement, infections sexuellement transmissibles et infections génitales, VIH, obstétrique et gynécologie, accompagnement à la fertilité, lutte contre les violences sexuelles et sexistes, éducation complète à la sexualité, et interventions en situation de crise humanitaire.

Notre force réside dans notre présence locale grâce à nos membres, et notre portée mondiale via notre réseau. Au cœur de notre mission : la fourniture de soins de santé intégrés, et le plaidoyer en leur faveur, pour toutes les personnes, sans distinction de race, de genre, de sexe, de revenus, et sans considération de distance.

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