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IPPF West Africa EDs and YAM Presidents in Abidjan, Cote d'Ivoire

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La Côte d’Ivoire reçoit les associations membres de l’IPPF de l’Afrique de l’Ouest et du centre pour le lancement du nouveau sous bureau IPPF de la sous-région

Le bureau Afrique de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (IPPF) a réuni du 17 au 22 octobre à Abidjan, l’ensemble des Directeurs exécutifs et Présidents des Mouvements d'Actions des Jeunes (MAJ) de ses Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (francophones, anglophones et lusophones) dans le cadre du lancement de son nouveau sous bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.  

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The Greats - Anna Zolnierowicz - The Future Is Female
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| 05 December 2022

16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre - LE FEMINICIDE

Le terme « Féminicide » a été défini pour la première fois en 1976 par l’auteure féministe sud-africaine Diana Elisabeth Hamilton Russel comme « le fait pour des hommes de commettre un meurtre sur des femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes ».  Pour être qualifié de féminicides, l’assassinat d’une femme doit nécessairement être associé à des motifs liés à son identité de femme.  Ainsi une femme tuée dans un cambriolage ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide. Le meurtrier n’est pas nécessairement un homme.  Les types de féminicides Le terme féminicide fait allusion à deux types de crimes : le féminicide intime et le féminicide non intime. Le premier est commis par un conjoint, un ex conjoint ou un membre de la famille. Selon une étude citée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 35 % des femmes tuées dans le monde le seraient par leur partenaire, contre 5 % seulement des meurtres concernant les hommes.  Le second est commis par un inconnu. Les exemples les plus fréquemment cités sont les centaines de femmes tuées durant de nombreuses années à Ciudad Juarez, au Mexique, ou la tuerie antiféministe à l’Ecole polytechnique de Montréal en 1989. Cependant l’OMS reconnaît deux (02) autres catégories de féminicide en plus de ceux-là : il s’agit du crime d’honneur et le féminicide lié à la dot.  Le crime d’honneur est pratiqué par un homme ou une femme membre de la famille ou du clan de la victime, lorsqu’une femme est accusée d’avoir transgressé des lois morales ou des traditions — commettre un adultère, avoir des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, ou même avoir subi un viol — pour protéger la réputation de la famille. Quant au féminicide lié à la dot, il correspond à l’homicide d’une femme par sa belle-famille, lors du mariage dû à une dot insuffisante (pratiqué notamment en Inde).  Le féminicide en Afrique Globalement, nous constatons un manque de données et une insuffisance d’analyses portant sur le féminicide en Afrique. Au-delà d’un besoin et de l’existence de données complètes récentes, fiables, et d’analyses sociologiques traitant de cette thématique, les experts s’accordent sur le fait que les statistiques disponibles sous-estiment vraisemblablement l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. En Côte d’Ivoire, à Bocanda, en avril 2021, un cultivateur résidant à Abouakro, M. Paul, est soupçonné d’avoir ôté la vie à sa femme, dans la nuit du jeudi 8 avril 2021, pour cause d’infidélité présumée.   Récemment , le jeudi 10 novembre 2022, Une femme enceinte est morte après avoir été poignardée par son voisin dans un immeuble, à Yopougon quartier Ananeraie.   Les continents africains et américains sont les régions où les femmes risquent le plus d'être tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. En Afrique, le taux était d'environ 3,1 victimes pour 100 000 femmes, tandis qu'il était de 1,6 sur le continent américain, 1,3 en Océanie et 0,9 en Asie. Le taux le plus bas a été enregistré en Europe, avec 0,7 victime pour 100 000 femmes. Avec un taux d’homicides conjugaux/familiaux de 3,1 pour 100 000 femmes, l’Afrique est la région où les femmes ont le plus de risques de se faire tuer par un partenaire intime ou un membre de la famille.  Selon une étude d’ONU Femmes, l’Afrique comptait en 2019 19 000 cas de décès de femmes, dont 10 000 dus au partenaire (intime). Et 69% des femmes tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire ou par un membre de la famille.   Au Zimbabwe, en 1998, parmi les affaires de meurtres dont avait été saisie la Cour supérieure de Harare, six sur dix (6/10) avaient trait à la violence conjugale. En Côte d’Ivoire, une enquête inédite initiée et financée par l’organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM), ONG fondée par la juriste Sylvia Apata, a révélé environ 416 cas de féminicides à Abidjan entre 2019 et 2020, et des milliers de cas de violences basées sur le genre. Amnesty International estime qu’en Afrique du Sud, toutes les six (06) heures en moyenne, une femme est tuée par son mari ou son compagnon. Un chiffre alarmant qui place le pays parmi les plus dangereux pour les femmes, avec un niveau de violence comparable à celui d’un pays en guerre. Apres l’Afrique du Sud, le Sénégal est aussi cité parmi les pays dans lesquels les cas de féminicides sont nombreux. Les facteurs ou causes majeurs du féminicide  Les facteurs du féminicide sont multiples et se trouvent à plusieurs niveaux : individuel, communautaire, sociétal et structurel.   Au niveau individuel, plusieurs éléments peuvent être relevés. Il s’agit entre autres, le manque d’autonomisation des femmes, de ressources financières limitées, d’un taux de chômage élevé, ou de délinquance par exemple. Au niveau relationnel ou familial, nous pouvons énumérer les problèmes de santé mentale des partenaires qui deviennent agressifs, la volonté de domination et d’emprise sur sa partenaire, refus de liberté de la femme, soupçon d’infidélité, paranoïa, traumatisme dû à une incapacité à supporter une rupture, volonté de séparation, entre autres.  Au niveau communautaire, on constate de facto une inégalité entre les sexes. Ce qui fait que lorsque certaines femmes désirent s’émanciper et prendre les devants ou réclamer leurs droits, elles sont mal vues et peuvent être assassinées pour cette raison car on pense qu’elles veulent « dominer » ou « prendre la place de l’homme », dans certaines communautés.  Enfin au niveau sociétal ou structurel, nous pouvons relever certains éléments pouvant contribuer au phenomene tels que le non-respect des droits de la femme, l’impunité dont bénéficient les meurtriers, la corruption dans le system judiciaire, le poids de la tradition et de la religion, et l’irresponsabilité des autorités et surtout de l’Etat à se prononcer véritablement sur la question.  Les actions concrètes entreprises contre le féminicide Alors que de nombreuses africaines restent soumises à de multiples abus, des acteurs communautaires, des femmes influentes et de jeunes militantes luttent ardemment pour une mise en place efficiente de dispositions législatives contre le féminicide en Afrique. Les Etats africains signataires de traités internationaux garantissant la lutte contre ces violences peinent à faire appliquer leurs engagements, et ce malgré l’adoption de lois plus sévères. Les autorités politiques sont en réalité entravées par le droit coutumier, souvent prééminent sur le droit moderne, notamment en zones rurales. Une supériorité qui favorise une culture de l’impunité, où les arrangements à l’amiable entravent le bon déroulement du processus judiciaire. En ce qui concerne le rôle de l'État, de nombreux pays n'ont pas de législation sur le féminicide, de sorte qu'aucune information n'est recueillie, expliquant de manque de données fiables et récentes sur l’ampleur du phénomène. Même lorsqu'ils incluent le féminicide dans leur législation, plusieurs d’entre eux peinent à créer un climat favorable (pour que les survivantes et les familles signalent les violences), ou n'ont pas réussi à mettre en œuvre une collecte et une publication adéquates des informations locales. C’est face à ce constat d’inefficacité des institutions qu’ont émergé de nouveaux acteurs engagés pour changer les mentalités et protéger la vie des femmes. Là où les campagnes publiques de sensibilisation échouent à convaincre des époux ou des hommes de bannir la violence contre les femmes, chefs religieux, autorités traditionnelles et mouvements d’activistes apparaissent comme des intermédiaires légitimes. Certaines actions ont également été entreprises pour éradiquer ce phénomène. Au Sénégal par exemple, plusieurs leaders religieux et communautaires ont décidé de sortir du silence et de sensibiliser leurs fidèles lors des prières du vendredi. Ils enjoignent en effet les maris à ne pas violenter leurs épouses. Dans la lutte contre le féminicide en Afrique, l’apport des organisations dans la lutte contre le féminicide est tout aussi remarquable. En 2021, L’IPPF région Afrique, en consortium avec quatre autres organisations internationales a lancé un projet intitulé : « Feminist Opportunities Now » (FON), qui a pour objectif de renforcer les capacités des mouvements de femmes, via des subventions aux organisations féministes locales dans 9 pays – dont 6 en Afrique, avec un effort particulier pour atteindre les petites organisations locales, souvent non enregistrées, pour aborder et répondre à la violence basée sur le genre. Le projet fera avancer l'agenda féministe en s'attaquant à la violence sexiste afin de promouvoir, protéger et réaliser les droits humains de tous. Malgré les avancées observées dans plusieurs pays africains à ce jour (notamment à travers les lois, les manifestations et la volonté politique apparente), le féminicide sévit toujours. Combattre ce fléau mondial, c’est agir non seulement au niveau de l’éducation mais également au niveau des institutions. S’agissant de l’éducation, il est important de mettre fin, surtout chez les plus jeunes, à ces attitudes violentes à travers l’école, les foyers et les communautés ou ils évoluent. Enfin, en ce qui concerne les institutions, les Etats doivent mettre en œuvre plusieurs politiques publiques en faveur de cette lutte contre les violences envers les femmes, notamment le féminicide. BIBLIOGRAPHIE :    OMS : Fiche d’information « Comprendre et lutter contre la violence à l’égard des femmes » https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/86253/WHO_RHR_12.38_fre.pdf ONU Femmes : « Etat des lieux de la situation dans le monde »  https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2019/11/25/feminicides-etat-des-lieux-de-la-situation-dans-le-monde Amnesty international « Rapport 21/22 » : https://www.amnestyalgerie.org/wp-content/uploads/2022/03/Rapport-Annuel-Amnesty-International-FR.pdf UNFPA « Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles » : https://www.unfpa.org/fr/events/journee-internationale-pour-lelimination-des-violences-faites-aux-femmes TV5 Monde « Etat des lieux des violences faites aux femmes en Afrique »  : https://information.tv5monde.com/afrique/etat-des-lieux-des-violences-faites-aux-femmes-en-afrique-433820 L’article « le foyer , l’endroit le plus dangereux pour les femmes » UNODC ( office des nations unies contre la drogue et le crime ) : https://www.unodc.org/unodc/fr/frontpage/2018/November/le-foyer--lendroit-le-plus-dangereux-pour-les-femmes-o-la-majorit-des-femmes-victimes-dhomicide-dans-le-monde-sont-tues-par-leur-partenaire-ou-leur-famille--selon-une-tude-de-lonudc.html                                                  Par Nancy ADEPAUD et Martine OUEDRAOGO,                                              Stagiaires à l'IPPF Région Afrique et Militantes pour les Droits de la Femme

The Greats - Anna Zolnierowicz - The Future Is Female
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| 05 December 2022

16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre - LE FEMINICIDE

Le terme « Féminicide » a été défini pour la première fois en 1976 par l’auteure féministe sud-africaine Diana Elisabeth Hamilton Russel comme « le fait pour des hommes de commettre un meurtre sur des femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes ».  Pour être qualifié de féminicides, l’assassinat d’une femme doit nécessairement être associé à des motifs liés à son identité de femme.  Ainsi une femme tuée dans un cambriolage ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide. Le meurtrier n’est pas nécessairement un homme.  Les types de féminicides Le terme féminicide fait allusion à deux types de crimes : le féminicide intime et le féminicide non intime. Le premier est commis par un conjoint, un ex conjoint ou un membre de la famille. Selon une étude citée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 35 % des femmes tuées dans le monde le seraient par leur partenaire, contre 5 % seulement des meurtres concernant les hommes.  Le second est commis par un inconnu. Les exemples les plus fréquemment cités sont les centaines de femmes tuées durant de nombreuses années à Ciudad Juarez, au Mexique, ou la tuerie antiféministe à l’Ecole polytechnique de Montréal en 1989. Cependant l’OMS reconnaît deux (02) autres catégories de féminicide en plus de ceux-là : il s’agit du crime d’honneur et le féminicide lié à la dot.  Le crime d’honneur est pratiqué par un homme ou une femme membre de la famille ou du clan de la victime, lorsqu’une femme est accusée d’avoir transgressé des lois morales ou des traditions — commettre un adultère, avoir des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, ou même avoir subi un viol — pour protéger la réputation de la famille. Quant au féminicide lié à la dot, il correspond à l’homicide d’une femme par sa belle-famille, lors du mariage dû à une dot insuffisante (pratiqué notamment en Inde).  Le féminicide en Afrique Globalement, nous constatons un manque de données et une insuffisance d’analyses portant sur le féminicide en Afrique. Au-delà d’un besoin et de l’existence de données complètes récentes, fiables, et d’analyses sociologiques traitant de cette thématique, les experts s’accordent sur le fait que les statistiques disponibles sous-estiment vraisemblablement l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. En Côte d’Ivoire, à Bocanda, en avril 2021, un cultivateur résidant à Abouakro, M. Paul, est soupçonné d’avoir ôté la vie à sa femme, dans la nuit du jeudi 8 avril 2021, pour cause d’infidélité présumée.   Récemment , le jeudi 10 novembre 2022, Une femme enceinte est morte après avoir été poignardée par son voisin dans un immeuble, à Yopougon quartier Ananeraie.   Les continents africains et américains sont les régions où les femmes risquent le plus d'être tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. En Afrique, le taux était d'environ 3,1 victimes pour 100 000 femmes, tandis qu'il était de 1,6 sur le continent américain, 1,3 en Océanie et 0,9 en Asie. Le taux le plus bas a été enregistré en Europe, avec 0,7 victime pour 100 000 femmes. Avec un taux d’homicides conjugaux/familiaux de 3,1 pour 100 000 femmes, l’Afrique est la région où les femmes ont le plus de risques de se faire tuer par un partenaire intime ou un membre de la famille.  Selon une étude d’ONU Femmes, l’Afrique comptait en 2019 19 000 cas de décès de femmes, dont 10 000 dus au partenaire (intime). Et 69% des femmes tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire ou par un membre de la famille.   Au Zimbabwe, en 1998, parmi les affaires de meurtres dont avait été saisie la Cour supérieure de Harare, six sur dix (6/10) avaient trait à la violence conjugale. En Côte d’Ivoire, une enquête inédite initiée et financée par l’organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM), ONG fondée par la juriste Sylvia Apata, a révélé environ 416 cas de féminicides à Abidjan entre 2019 et 2020, et des milliers de cas de violences basées sur le genre. Amnesty International estime qu’en Afrique du Sud, toutes les six (06) heures en moyenne, une femme est tuée par son mari ou son compagnon. Un chiffre alarmant qui place le pays parmi les plus dangereux pour les femmes, avec un niveau de violence comparable à celui d’un pays en guerre. Apres l’Afrique du Sud, le Sénégal est aussi cité parmi les pays dans lesquels les cas de féminicides sont nombreux. Les facteurs ou causes majeurs du féminicide  Les facteurs du féminicide sont multiples et se trouvent à plusieurs niveaux : individuel, communautaire, sociétal et structurel.   Au niveau individuel, plusieurs éléments peuvent être relevés. Il s’agit entre autres, le manque d’autonomisation des femmes, de ressources financières limitées, d’un taux de chômage élevé, ou de délinquance par exemple. Au niveau relationnel ou familial, nous pouvons énumérer les problèmes de santé mentale des partenaires qui deviennent agressifs, la volonté de domination et d’emprise sur sa partenaire, refus de liberté de la femme, soupçon d’infidélité, paranoïa, traumatisme dû à une incapacité à supporter une rupture, volonté de séparation, entre autres.  Au niveau communautaire, on constate de facto une inégalité entre les sexes. Ce qui fait que lorsque certaines femmes désirent s’émanciper et prendre les devants ou réclamer leurs droits, elles sont mal vues et peuvent être assassinées pour cette raison car on pense qu’elles veulent « dominer » ou « prendre la place de l’homme », dans certaines communautés.  Enfin au niveau sociétal ou structurel, nous pouvons relever certains éléments pouvant contribuer au phenomene tels que le non-respect des droits de la femme, l’impunité dont bénéficient les meurtriers, la corruption dans le system judiciaire, le poids de la tradition et de la religion, et l’irresponsabilité des autorités et surtout de l’Etat à se prononcer véritablement sur la question.  Les actions concrètes entreprises contre le féminicide Alors que de nombreuses africaines restent soumises à de multiples abus, des acteurs communautaires, des femmes influentes et de jeunes militantes luttent ardemment pour une mise en place efficiente de dispositions législatives contre le féminicide en Afrique. Les Etats africains signataires de traités internationaux garantissant la lutte contre ces violences peinent à faire appliquer leurs engagements, et ce malgré l’adoption de lois plus sévères. Les autorités politiques sont en réalité entravées par le droit coutumier, souvent prééminent sur le droit moderne, notamment en zones rurales. Une supériorité qui favorise une culture de l’impunité, où les arrangements à l’amiable entravent le bon déroulement du processus judiciaire. En ce qui concerne le rôle de l'État, de nombreux pays n'ont pas de législation sur le féminicide, de sorte qu'aucune information n'est recueillie, expliquant de manque de données fiables et récentes sur l’ampleur du phénomène. Même lorsqu'ils incluent le féminicide dans leur législation, plusieurs d’entre eux peinent à créer un climat favorable (pour que les survivantes et les familles signalent les violences), ou n'ont pas réussi à mettre en œuvre une collecte et une publication adéquates des informations locales. C’est face à ce constat d’inefficacité des institutions qu’ont émergé de nouveaux acteurs engagés pour changer les mentalités et protéger la vie des femmes. Là où les campagnes publiques de sensibilisation échouent à convaincre des époux ou des hommes de bannir la violence contre les femmes, chefs religieux, autorités traditionnelles et mouvements d’activistes apparaissent comme des intermédiaires légitimes. Certaines actions ont également été entreprises pour éradiquer ce phénomène. Au Sénégal par exemple, plusieurs leaders religieux et communautaires ont décidé de sortir du silence et de sensibiliser leurs fidèles lors des prières du vendredi. Ils enjoignent en effet les maris à ne pas violenter leurs épouses. Dans la lutte contre le féminicide en Afrique, l’apport des organisations dans la lutte contre le féminicide est tout aussi remarquable. En 2021, L’IPPF région Afrique, en consortium avec quatre autres organisations internationales a lancé un projet intitulé : « Feminist Opportunities Now » (FON), qui a pour objectif de renforcer les capacités des mouvements de femmes, via des subventions aux organisations féministes locales dans 9 pays – dont 6 en Afrique, avec un effort particulier pour atteindre les petites organisations locales, souvent non enregistrées, pour aborder et répondre à la violence basée sur le genre. Le projet fera avancer l'agenda féministe en s'attaquant à la violence sexiste afin de promouvoir, protéger et réaliser les droits humains de tous. Malgré les avancées observées dans plusieurs pays africains à ce jour (notamment à travers les lois, les manifestations et la volonté politique apparente), le féminicide sévit toujours. Combattre ce fléau mondial, c’est agir non seulement au niveau de l’éducation mais également au niveau des institutions. S’agissant de l’éducation, il est important de mettre fin, surtout chez les plus jeunes, à ces attitudes violentes à travers l’école, les foyers et les communautés ou ils évoluent. Enfin, en ce qui concerne les institutions, les Etats doivent mettre en œuvre plusieurs politiques publiques en faveur de cette lutte contre les violences envers les femmes, notamment le féminicide. BIBLIOGRAPHIE :    OMS : Fiche d’information « Comprendre et lutter contre la violence à l’égard des femmes » https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/86253/WHO_RHR_12.38_fre.pdf ONU Femmes : « Etat des lieux de la situation dans le monde »  https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2019/11/25/feminicides-etat-des-lieux-de-la-situation-dans-le-monde Amnesty international « Rapport 21/22 » : https://www.amnestyalgerie.org/wp-content/uploads/2022/03/Rapport-Annuel-Amnesty-International-FR.pdf UNFPA « Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles » : https://www.unfpa.org/fr/events/journee-internationale-pour-lelimination-des-violences-faites-aux-femmes TV5 Monde « Etat des lieux des violences faites aux femmes en Afrique »  : https://information.tv5monde.com/afrique/etat-des-lieux-des-violences-faites-aux-femmes-en-afrique-433820 L’article « le foyer , l’endroit le plus dangereux pour les femmes » UNODC ( office des nations unies contre la drogue et le crime ) : https://www.unodc.org/unodc/fr/frontpage/2018/November/le-foyer--lendroit-le-plus-dangereux-pour-les-femmes-o-la-majorit-des-femmes-victimes-dhomicide-dans-le-monde-sont-tues-par-leur-partenaire-ou-leur-famille--selon-une-tude-de-lonudc.html                                                  Par Nancy ADEPAUD et Martine OUEDRAOGO,                                              Stagiaires à l'IPPF Région Afrique et Militantes pour les Droits de la Femme

IPPF West Africa EDs and YAM Presidents in Abidjan, Cote d'Ivoire
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| 28 October 2022

La Côte d’Ivoire reçoit les associations membres de l’IPPF de l’Afrique de l’Ouest et du centre pour le lancement du nouveau sous bureau IPPF de la sous-région

Le bureau Afrique de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (IPPF) a réuni du 17 au 22 octobre à Abidjan, l’ensemble des Directeurs exécutifs et Présidents des Mouvements d'Actions des Jeunes (MAJ) de ses Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (francophones, anglophones et lusophones) dans le cadre du lancement de son nouveau sous bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.   Avec cet ancrage dans la sous-région, l’IPPF souhaite d’une part se rapprocher de ses associations membres et partenaires de collaboration, tout en leur fournissant un appui technique plus soutenu, et d’autre part à créer des alliances stratégiques en vue d’amplifier le plaidoyer autour de problématiques clés relatives aux droits des femmes et des jeunes et plus spécifiquement, leurs droits à la santé sexuelle et reproductive. Dans son allocution d’introduction, la Directrice Régionale de IPPF, Marie Evelyne Pétrus-Barry a souhaité que « ...la fédération grandisse afin de mieux influencer les politiques publiques et atteindre les zones où les besoins en services de santé sexuelle et reproductive ne sont pas rencontrés ».  Elle également insisté sur l’implication effective des jeunes dans les questions de la Fédération et de des Associations Membres conformément au nouveau cadre stratégique : « Nous souhaitons que cet atelier soit pour vous jeunes, une réelle opportunité d’exprimer vos envies et vos espoirs pour votre sous-région, pour vos associations membres et pour l’IPPF plus largement ». Durant les quatre jours d’atelier, les trente-huit (36) représentants des dix-huit Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont discuté et élaboré un plan d’action matérialisant la nouvelle vision de l’IPPF articulée autour des objectifs du nouveau cadre stratégique sur la période 2023-2028 avec un accent particulier les questions de plaidoyer. Les participants ont notamment exploré et discuté sur une compréhension commune du plaidoyer en tant que mot et en tant qu'action, la situation du plaidoyer dans le projet de cadre stratégique et comment il s'aligne sur le travail de plaidoyer déjà effectué au niveau national.  A ce propos, Dr AKU Abubakar, directeur exécutif du “Planned Parenthood Féderation of Nigeria’ a estimé que  “Le plaidoyer est une partie essentielle de notre travail ; sans plaidoyer, il serait difficile de réaliser nos programmes". Le plan d'action issu de cette rencontre  contribuera ainsi à renforcer la synergie entre les associations membres de l'IPPF et à consolider leurs initiatives communes de plaidoyer pour l'accès des femmes à des services de santé sexuelle et reproductive adaptés et diversifiés. L’atelier a également été l'occasion pour les représentants de Mouvements Actions Jeunes de plaider pour le renforcement des capacités des jeunes afin qu'ils puissent mieux contribuer à la fourniture de services SDSR de qualité aux populations marginalisées. “Les jeunes jouent un rôle de facilitateur de l'Education Complète à la Séxualité (ECS), de pairs éducateurs sur la Santé Sexuelle et Réproductive (SSR) au niveau communautaire pour faire évoluer les normes, croyances et traditions défavorables.” a soutenu Aliu IDRISSU, le Président MAJ du Ghana. Une session a été également consacrée à la préparation stratégique et logistique de la prochaine Assemblée Générale de IPPF à Bogota en novembre prochain à laquelle l’ensemble des participants doivent prendre part.  Selon Comlan Christian AGBOZO, Directeur exécutif l’Association Béninoise pour le Bien Être Familial, « cet atelier a été une belle occasion de brassage et de partage d’expériences entre les directeurs exécutifs après un long moment de contacts distants liés à la COVID 19 ». Il poursuit « je félicite l’équipe IPPF pour cette initiative de mettre en place un sous bureau en Afrique de l’Ouest, cela se traduit par un rapprochement de l’administration aux administrés, donc que nos préoccupations puissent être rapidement prises en compte ».    Les quatre jours d’atelier se sont achevés sur une note très festive avec une soirée de lancement officiel du nouveau sous bureau avec des performances artistiques et culturelle. A cette occasion, Richard ALLOW, directeur exécutif de l’Association Ivoirienne pour le Bien Être Familial (AIBEF) à pour sa part, au nom de tous les directeurs exécutifs présents,  exprimé toute sa gratitude et la joie de son équipe à recevoir en terre ivoirienne le nouveau sous bureau « En tant qu’ivoirien, je suis très fier que mon pays ait été choisi pour abriter le sous bureau et je souhaite que cette nouvelle présence puisse nous aider à accentuer nos efforts dans la fourniture des services de santé sexuelle et reproductive ». Joyce Rosie AYONG, la Présidente du MAJ Cameroun a remercié l’initiative au nom de tous les jeunes présents : « Nous remercions l’équipe IPPF pour ces quatre jours d’atelier très enrichissants. Parler des questions jeunes avec des représentants des jeunes que nous sommes, c’est la meilleure manière d’impliquer les jeunes dans les prises de décisions concernant les jeunes ». Le nouveau sous bureau de l’IPPF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est situé l’adresse: Angré 9ème tranche, près de l’immeuble CGK, BP : 06 BPM 2575 ABIDJAN 06, Abidjan - Côte D’Ivoire

IPPF West Africa EDs and YAM Presidents in Abidjan, Cote d'Ivoire
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| 28 October 2022

La Côte d’Ivoire reçoit les associations membres de l’IPPF de l’Afrique de l’Ouest et du centre pour le lancement du nouveau sous bureau IPPF de la sous-région

Le bureau Afrique de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (IPPF) a réuni du 17 au 22 octobre à Abidjan, l’ensemble des Directeurs exécutifs et Présidents des Mouvements d'Actions des Jeunes (MAJ) de ses Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (francophones, anglophones et lusophones) dans le cadre du lancement de son nouveau sous bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.   Avec cet ancrage dans la sous-région, l’IPPF souhaite d’une part se rapprocher de ses associations membres et partenaires de collaboration, tout en leur fournissant un appui technique plus soutenu, et d’autre part à créer des alliances stratégiques en vue d’amplifier le plaidoyer autour de problématiques clés relatives aux droits des femmes et des jeunes et plus spécifiquement, leurs droits à la santé sexuelle et reproductive. Dans son allocution d’introduction, la Directrice Régionale de IPPF, Marie Evelyne Pétrus-Barry a souhaité que « ...la fédération grandisse afin de mieux influencer les politiques publiques et atteindre les zones où les besoins en services de santé sexuelle et reproductive ne sont pas rencontrés ».  Elle également insisté sur l’implication effective des jeunes dans les questions de la Fédération et de des Associations Membres conformément au nouveau cadre stratégique : « Nous souhaitons que cet atelier soit pour vous jeunes, une réelle opportunité d’exprimer vos envies et vos espoirs pour votre sous-région, pour vos associations membres et pour l’IPPF plus largement ». Durant les quatre jours d’atelier, les trente-huit (36) représentants des dix-huit Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont discuté et élaboré un plan d’action matérialisant la nouvelle vision de l’IPPF articulée autour des objectifs du nouveau cadre stratégique sur la période 2023-2028 avec un accent particulier les questions de plaidoyer. Les participants ont notamment exploré et discuté sur une compréhension commune du plaidoyer en tant que mot et en tant qu'action, la situation du plaidoyer dans le projet de cadre stratégique et comment il s'aligne sur le travail de plaidoyer déjà effectué au niveau national.  A ce propos, Dr AKU Abubakar, directeur exécutif du “Planned Parenthood Féderation of Nigeria’ a estimé que  “Le plaidoyer est une partie essentielle de notre travail ; sans plaidoyer, il serait difficile de réaliser nos programmes". Le plan d'action issu de cette rencontre  contribuera ainsi à renforcer la synergie entre les associations membres de l'IPPF et à consolider leurs initiatives communes de plaidoyer pour l'accès des femmes à des services de santé sexuelle et reproductive adaptés et diversifiés. L’atelier a également été l'occasion pour les représentants de Mouvements Actions Jeunes de plaider pour le renforcement des capacités des jeunes afin qu'ils puissent mieux contribuer à la fourniture de services SDSR de qualité aux populations marginalisées. “Les jeunes jouent un rôle de facilitateur de l'Education Complète à la Séxualité (ECS), de pairs éducateurs sur la Santé Sexuelle et Réproductive (SSR) au niveau communautaire pour faire évoluer les normes, croyances et traditions défavorables.” a soutenu Aliu IDRISSU, le Président MAJ du Ghana. Une session a été également consacrée à la préparation stratégique et logistique de la prochaine Assemblée Générale de IPPF à Bogota en novembre prochain à laquelle l’ensemble des participants doivent prendre part.  Selon Comlan Christian AGBOZO, Directeur exécutif l’Association Béninoise pour le Bien Être Familial, « cet atelier a été une belle occasion de brassage et de partage d’expériences entre les directeurs exécutifs après un long moment de contacts distants liés à la COVID 19 ». Il poursuit « je félicite l’équipe IPPF pour cette initiative de mettre en place un sous bureau en Afrique de l’Ouest, cela se traduit par un rapprochement de l’administration aux administrés, donc que nos préoccupations puissent être rapidement prises en compte ».    Les quatre jours d’atelier se sont achevés sur une note très festive avec une soirée de lancement officiel du nouveau sous bureau avec des performances artistiques et culturelle. A cette occasion, Richard ALLOW, directeur exécutif de l’Association Ivoirienne pour le Bien Être Familial (AIBEF) à pour sa part, au nom de tous les directeurs exécutifs présents,  exprimé toute sa gratitude et la joie de son équipe à recevoir en terre ivoirienne le nouveau sous bureau « En tant qu’ivoirien, je suis très fier que mon pays ait été choisi pour abriter le sous bureau et je souhaite que cette nouvelle présence puisse nous aider à accentuer nos efforts dans la fourniture des services de santé sexuelle et reproductive ». Joyce Rosie AYONG, la Présidente du MAJ Cameroun a remercié l’initiative au nom de tous les jeunes présents : « Nous remercions l’équipe IPPF pour ces quatre jours d’atelier très enrichissants. Parler des questions jeunes avec des représentants des jeunes que nous sommes, c’est la meilleure manière d’impliquer les jeunes dans les prises de décisions concernant les jeunes ». Le nouveau sous bureau de l’IPPF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est situé l’adresse: Angré 9ème tranche, près de l’immeuble CGK, BP : 06 BPM 2575 ABIDJAN 06, Abidjan - Côte D’Ivoire

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| 08 February 2022

Quel prix pour un monde libéré des mutilations génitales féminines ?

Par Marie-Evelyne Pétrus-Barry et Anush Aghabalyan La COVID-19 continue de perturber la prestation des services de santé essentiels dans 90 % des pays du monde. L'Orchid Project, une organisation caritative britannique œuvrant à l'échelle mondiale pour mettre fin à l'excision/mutilation génitale féminine (E/MGF), a également démontré que peu après la mise en œuvre des mesures de confinement, des rapports ont été publiés confirmant que les taux d'E/MGF étaient en hausse. Alors que les efforts de prévention étaient en passe d'éviter 46,5 millions de cas d'E/MGF, les experts prévoient désormais que les retards causés par la pandémie de COVID-19 réduiront de 33% les progrès attendus pour mettre fin aux E/MGF. Selon un rapport conjoint de l'UNICEF et de l'UNFPA, on estime que 2 millions de filles supplémentaires risquent d'être excisées au cours de la prochaine décennie, ce qui portera le nombre total de filles à risque à 70 millions d'ici 2030. Ces chiffres imposants sont tout simplement inacceptables. Avant que la COVID-19 ne ralentisse les progrès en matière d'élimination de l'E/MGF, l’objectif 5.3.2 des Objectifs de développement durable visant à mettre fin à l'excision d'ici 2030 était déjà un engagement ambitieux. Mais la rhétorique n’as pas été assortie d'engagements financiers, et ce manque de ressources n'a été qu'exacerbé par la pandémie de COVID-19. Il suffit de 95 dollars US pour éviter un seul cas d'E/MGF et protéger le droit des filles à la santé, à l'intégrité corporelle, à une vie sans violence et à la jouissance de leur sexualité. Un prix relativement faible à payer, qui fait pâle figure en comparaison des dépenses mondiales consacrées à une militarisation croissante (près de 2 000 milliards de dollars par an) et à une croissance fondée sur l'exploitation des ressources naturelles. En investissant 2,4 milliards de dollars d'ici 2030, nous pourrions mettre fin à l'E/MGF dans 31 pays prioritaires. Pourtant, seuls 275 millions de dollars sont disponibles - soit à peine 4 dollars par fille à risque - ce qui laisse un déficit de financement de plus de 2,1 milliards de dollars. Les filles et les femmes qui ont subi une E/MGF vivent principalement en Afrique subsaharienne et dans les États arabes, mais l'E/MGF est également pratiquée dans certains pays d'Asie, d'Europe de l'Est et d'Amérique latine. Seuls deux pays d'Asie communiquent actuellement des données nationales sur la prévalence de l'E/MGF. Parmi eux l'Indonésie, où 15 millions de filles subiront cette pratique d'ici 2030. L'ampleur réelle du nombre de femmes et de filles touchées par l'E/MGF dans les 11 autres pays de la région où cette pratique reste inconnue. En Afrique, les filles sont plus nombreuses à être excisées entre 0 et 14 ans que dans toute autre tranche d'âge. Les taux de prévalence vont de 15 % à plus de 95 % des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans, certains pays d'Afrique centrale et occidentale représentant une grande partie des chiffres. Investir dans les filles et les femmes est un élément central de la stratégie de l'Union africaine pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, récemment adoptée, ainsi que de l'Agenda 2063 de transformation de l'Afrique, qui, sous l'Aspiration 6, appelle à mettre fin à toutes les formes de violence basée sur le genre, y compris l'E/MGF. L'IPPFAR, par le biais de son sous-bureau auprès de l'Union africaine, galvanise l'action politique pour accélérer l'élimination des MGF/E sur le continent. En outre, grâce à des campagnes de sensibilisation et de communication, au plaidoyer et à la sensibilisation, les associations membres de l'IPPFAR s'efforcent d'empêcher l'excision de plus de 50 millions de filles africaines de moins de 15 ans qui risquent d'être soumises à l'E/MGF d'ici 2030 si une action concertée n'est pas entreprise maintenant. Par exemple, de 2009 à 2020, les associations membres de l'IPPF au Soudan, en Mauritanie, au Somaliland et à Djibouti ont sensibilisé et formé plus de 500 prestataires de services sur l'E/MGF afin de soutenir les clients touchés par l'E/MGF, plus de 25 000 élèves et étudiants et plus de 200 décideurs.  De même, entre 2015 et 2019, Orchid Project a rassemblé des organisations locales de base par le biais d'ateliers de partage des connaissances; 12 ateliers ont été organisés au Kenya, en Tanzanie, au Nigeria, au Somaliland et en Sierra Leone. Au Kenya, en s'engageant dans un programme de consortium avec la Coalition sur la violence à l'égard des femmes (COVAW), S.A.F.E. Kenya et leurs équipes SAFE Maa et SAFE Samburu, Orchid vise également à accélérer la fin de cette pratique au sein des communautés maasaï et samburu du Kenya. En cette journée de tolérance zéro, le projet Orchid, soutenu par la Fédération internationale pour la planification familiale, région Afrique (IPPFAR) et d'autres partenaires, a lancé un appel mondial à l'augmentation des financements pour intensifier les efforts visant à éliminer cette pratique extrêmement nocive d'ici 2030. Par le biais de la campagne "What's the Gap", les organisations de base élèvent leur voix collective pour demander aux gouvernements, aux fondations, au secteur privé et aux autres donateurs potentiels d'augmenter de toute urgence le financement du secteur de l'E/MGF. Il est essentiel que les investissements proviennent de différentes sources - donateurs multilatéraux, philanthropie et secteur privé, en plus des ressources nationales engagées par les gouvernements nationaux. La campagne souligne également que les organisations communautaires locales et les groupes de la société civile savent mieux que quiconque où et quoi faire pour mettre fin aux MGF/E dans les communautés où les incidents sont les plus fréquents. Ainsi, l'augmentation du financement permettrait d'informer et de former les principales parties prenantes, de commander des recherches, d'animer davantage d'ateliers pour sensibiliser les hommes et les garçons, de créer des espaces sûrs pour les jeunes survivantes et de proposer pour les exciseuses.eurs des formations professionnelles alternatives. Alors que la pandémie de COVID-19 se poursuit, restreignant l'accès des filles à l'école et limitant l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive, il est urgent d'investir au niveau mondial pour mettre fin à la pratique néfaste des MGF/E si nous voulons atteindre une incidence nulle d'ici 2030. Luttons tous ensemble et engageons-nous à combler le déficit de financement ! Marie-Evelyne Pétrus-Barry est la directrice régionale de la Fédération internationale pour la planification familiale pour la région Afrique (IPPFAR) ; Anush Aghabalyan est la responsable de la politique et du plaidoyer du projet Orchid. ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Commémorée chaque année le 6 février, la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines vise à amplifier et à orienter les efforts vers l'élimination de cette pratique néfaste. Le thème de cette année est : Accélérer les investissements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines - en investissant dans des programmes visant à fournir des services et des réponses aux personnes touchées et aux personnes à risque, ainsi que dans l'élaboration et l'application de lois et le renforcement des capacités institutionnelles en vue d'éradiquer les mutilations génitales féminines.

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| 06 February 2022

Quel prix pour un monde libéré des mutilations génitales féminines ?

Par Marie-Evelyne Pétrus-Barry et Anush Aghabalyan La COVID-19 continue de perturber la prestation des services de santé essentiels dans 90 % des pays du monde. L'Orchid Project, une organisation caritative britannique œuvrant à l'échelle mondiale pour mettre fin à l'excision/mutilation génitale féminine (E/MGF), a également démontré que peu après la mise en œuvre des mesures de confinement, des rapports ont été publiés confirmant que les taux d'E/MGF étaient en hausse. Alors que les efforts de prévention étaient en passe d'éviter 46,5 millions de cas d'E/MGF, les experts prévoient désormais que les retards causés par la pandémie de COVID-19 réduiront de 33% les progrès attendus pour mettre fin aux E/MGF. Selon un rapport conjoint de l'UNICEF et de l'UNFPA, on estime que 2 millions de filles supplémentaires risquent d'être excisées au cours de la prochaine décennie, ce qui portera le nombre total de filles à risque à 70 millions d'ici 2030. Ces chiffres imposants sont tout simplement inacceptables. Avant que la COVID-19 ne ralentisse les progrès en matière d'élimination de l'E/MGF, l’objectif 5.3.2 des Objectifs de développement durable visant à mettre fin à l'excision d'ici 2030 était déjà un engagement ambitieux. Mais la rhétorique n’as pas été assortie d'engagements financiers, et ce manque de ressources n'a été qu'exacerbé par la pandémie de COVID-19. Il suffit de 95 dollars US pour éviter un seul cas d'E/MGF et protéger le droit des filles à la santé, à l'intégrité corporelle, à une vie sans violence et à la jouissance de leur sexualité. Un prix relativement faible à payer, qui fait pâle figure en comparaison des dépenses mondiales consacrées à une militarisation croissante (près de 2 000 milliards de dollars par an) et à une croissance fondée sur l'exploitation des ressources naturelles. En investissant 2,4 milliards de dollars d'ici 2030, nous pourrions mettre fin à l'E/MGF dans 31 pays prioritaires. Pourtant, seuls 275 millions de dollars sont disponibles - soit à peine 4 dollars par fille à risque - ce qui laisse un déficit de financement de plus de 2,1 milliards de dollars. Les filles et les femmes qui ont subi une E/MGF vivent principalement en Afrique subsaharienne et dans les États arabes, mais l'E/MGF est également pratiquée dans certains pays d'Asie, d'Europe de l'Est et d'Amérique latine. Seuls deux pays d'Asie communiquent actuellement des données nationales sur la prévalence de l'E/MGF. Parmi eux l'Indonésie, où 15 millions de filles subiront cette pratique d'ici 2030. L'ampleur réelle du nombre de femmes et de filles touchées par l'E/MGF dans les 11 autres pays de la région où cette pratique reste inconnue. En Afrique, les filles sont plus nombreuses à être excisées entre 0 et 14 ans que dans toute autre tranche d'âge. Les taux de prévalence vont de 15 % à plus de 95 % des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans, certains pays d'Afrique centrale et occidentale représentant une grande partie des chiffres. Investir dans les filles et les femmes est un élément central de la stratégie de l'Union africaine pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, récemment adoptée, ainsi que de l'Agenda 2063 de transformation de l'Afrique, qui, sous l'Aspiration 6, appelle à mettre fin à toutes les formes de violence basée sur le genre, y compris l'E/MGF. L'IPPFAR, par le biais de son sous-bureau auprès de l'Union africaine, galvanise l'action politique pour accélérer l'élimination des MGF/E sur le continent. En outre, grâce à des campagnes de sensibilisation et de communication, au plaidoyer et à la sensibilisation, les associations membres de l'IPPFAR s'efforcent d'empêcher l'excision de plus de 50 millions de filles africaines de moins de 15 ans qui risquent d'être soumises à l'E/MGF d'ici 2030 si une action concertée n'est pas entreprise maintenant. Par exemple, de 2009 à 2020, les associations membres de l'IPPF au Soudan, en Mauritanie, au Somaliland et à Djibouti ont sensibilisé et formé plus de 500 prestataires de services sur l'E/MGF afin de soutenir les clients touchés par l'E/MGF, plus de 25 000 élèves et étudiants et plus de 200 décideurs.  De même, entre 2015 et 2019, Orchid Project a rassemblé des organisations locales de base par le biais d'ateliers de partage des connaissances; 12 ateliers ont été organisés au Kenya, en Tanzanie, au Nigeria, au Somaliland et en Sierra Leone. Au Kenya, en s'engageant dans un programme de consortium avec la Coalition sur la violence à l'égard des femmes (COVAW), S.A.F.E. Kenya et leurs équipes SAFE Maa et SAFE Samburu, Orchid vise également à accélérer la fin de cette pratique au sein des communautés maasaï et samburu du Kenya. En cette journée de tolérance zéro, le projet Orchid, soutenu par la Fédération internationale pour la planification familiale, région Afrique (IPPFAR) et d'autres partenaires, a lancé un appel mondial à l'augmentation des financements pour intensifier les efforts visant à éliminer cette pratique extrêmement nocive d'ici 2030. Par le biais de la campagne "What's the Gap", les organisations de base élèvent leur voix collective pour demander aux gouvernements, aux fondations, au secteur privé et aux autres donateurs potentiels d'augmenter de toute urgence le financement du secteur de l'E/MGF. Il est essentiel que les investissements proviennent de différentes sources - donateurs multilatéraux, philanthropie et secteur privé, en plus des ressources nationales engagées par les gouvernements nationaux. La campagne souligne également que les organisations communautaires locales et les groupes de la société civile savent mieux que quiconque où et quoi faire pour mettre fin aux MGF/E dans les communautés où les incidents sont les plus fréquents. Ainsi, l'augmentation du financement permettrait d'informer et de former les principales parties prenantes, de commander des recherches, d'animer davantage d'ateliers pour sensibiliser les hommes et les garçons, de créer des espaces sûrs pour les jeunes survivantes et de proposer pour les exciseuses.eurs des formations professionnelles alternatives. Alors que la pandémie de COVID-19 se poursuit, restreignant l'accès des filles à l'école et limitant l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive, il est urgent d'investir au niveau mondial pour mettre fin à la pratique néfaste des MGF/E si nous voulons atteindre une incidence nulle d'ici 2030. Luttons tous ensemble et engageons-nous à combler le déficit de financement ! Marie-Evelyne Pétrus-Barry est la directrice régionale de la Fédération internationale pour la planification familiale pour la région Afrique (IPPFAR) ; Anush Aghabalyan est la responsable de la politique et du plaidoyer du projet Orchid. ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Commémorée chaque année le 6 février, la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines vise à amplifier et à orienter les efforts vers l'élimination de cette pratique néfaste. Le thème de cette année est : Accélérer les investissements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines - en investissant dans des programmes visant à fournir des services et des réponses aux personnes touchées et aux personnes à risque, ainsi que dans l'élaboration et l'application de lois et le renforcement des capacités institutionnelles en vue d'éradiquer les mutilations génitales féminines.

The Greats - Anna Zolnierowicz - The Future Is Female
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| 05 December 2022

16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre - LE FEMINICIDE

Le terme « Féminicide » a été défini pour la première fois en 1976 par l’auteure féministe sud-africaine Diana Elisabeth Hamilton Russel comme « le fait pour des hommes de commettre un meurtre sur des femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes ».  Pour être qualifié de féminicides, l’assassinat d’une femme doit nécessairement être associé à des motifs liés à son identité de femme.  Ainsi une femme tuée dans un cambriolage ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide. Le meurtrier n’est pas nécessairement un homme.  Les types de féminicides Le terme féminicide fait allusion à deux types de crimes : le féminicide intime et le féminicide non intime. Le premier est commis par un conjoint, un ex conjoint ou un membre de la famille. Selon une étude citée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 35 % des femmes tuées dans le monde le seraient par leur partenaire, contre 5 % seulement des meurtres concernant les hommes.  Le second est commis par un inconnu. Les exemples les plus fréquemment cités sont les centaines de femmes tuées durant de nombreuses années à Ciudad Juarez, au Mexique, ou la tuerie antiféministe à l’Ecole polytechnique de Montréal en 1989. Cependant l’OMS reconnaît deux (02) autres catégories de féminicide en plus de ceux-là : il s’agit du crime d’honneur et le féminicide lié à la dot.  Le crime d’honneur est pratiqué par un homme ou une femme membre de la famille ou du clan de la victime, lorsqu’une femme est accusée d’avoir transgressé des lois morales ou des traditions — commettre un adultère, avoir des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, ou même avoir subi un viol — pour protéger la réputation de la famille. Quant au féminicide lié à la dot, il correspond à l’homicide d’une femme par sa belle-famille, lors du mariage dû à une dot insuffisante (pratiqué notamment en Inde).  Le féminicide en Afrique Globalement, nous constatons un manque de données et une insuffisance d’analyses portant sur le féminicide en Afrique. Au-delà d’un besoin et de l’existence de données complètes récentes, fiables, et d’analyses sociologiques traitant de cette thématique, les experts s’accordent sur le fait que les statistiques disponibles sous-estiment vraisemblablement l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. En Côte d’Ivoire, à Bocanda, en avril 2021, un cultivateur résidant à Abouakro, M. Paul, est soupçonné d’avoir ôté la vie à sa femme, dans la nuit du jeudi 8 avril 2021, pour cause d’infidélité présumée.   Récemment , le jeudi 10 novembre 2022, Une femme enceinte est morte après avoir été poignardée par son voisin dans un immeuble, à Yopougon quartier Ananeraie.   Les continents africains et américains sont les régions où les femmes risquent le plus d'être tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. En Afrique, le taux était d'environ 3,1 victimes pour 100 000 femmes, tandis qu'il était de 1,6 sur le continent américain, 1,3 en Océanie et 0,9 en Asie. Le taux le plus bas a été enregistré en Europe, avec 0,7 victime pour 100 000 femmes. Avec un taux d’homicides conjugaux/familiaux de 3,1 pour 100 000 femmes, l’Afrique est la région où les femmes ont le plus de risques de se faire tuer par un partenaire intime ou un membre de la famille.  Selon une étude d’ONU Femmes, l’Afrique comptait en 2019 19 000 cas de décès de femmes, dont 10 000 dus au partenaire (intime). Et 69% des femmes tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire ou par un membre de la famille.   Au Zimbabwe, en 1998, parmi les affaires de meurtres dont avait été saisie la Cour supérieure de Harare, six sur dix (6/10) avaient trait à la violence conjugale. En Côte d’Ivoire, une enquête inédite initiée et financée par l’organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM), ONG fondée par la juriste Sylvia Apata, a révélé environ 416 cas de féminicides à Abidjan entre 2019 et 2020, et des milliers de cas de violences basées sur le genre. Amnesty International estime qu’en Afrique du Sud, toutes les six (06) heures en moyenne, une femme est tuée par son mari ou son compagnon. Un chiffre alarmant qui place le pays parmi les plus dangereux pour les femmes, avec un niveau de violence comparable à celui d’un pays en guerre. Apres l’Afrique du Sud, le Sénégal est aussi cité parmi les pays dans lesquels les cas de féminicides sont nombreux. Les facteurs ou causes majeurs du féminicide  Les facteurs du féminicide sont multiples et se trouvent à plusieurs niveaux : individuel, communautaire, sociétal et structurel.   Au niveau individuel, plusieurs éléments peuvent être relevés. Il s’agit entre autres, le manque d’autonomisation des femmes, de ressources financières limitées, d’un taux de chômage élevé, ou de délinquance par exemple. Au niveau relationnel ou familial, nous pouvons énumérer les problèmes de santé mentale des partenaires qui deviennent agressifs, la volonté de domination et d’emprise sur sa partenaire, refus de liberté de la femme, soupçon d’infidélité, paranoïa, traumatisme dû à une incapacité à supporter une rupture, volonté de séparation, entre autres.  Au niveau communautaire, on constate de facto une inégalité entre les sexes. Ce qui fait que lorsque certaines femmes désirent s’émanciper et prendre les devants ou réclamer leurs droits, elles sont mal vues et peuvent être assassinées pour cette raison car on pense qu’elles veulent « dominer » ou « prendre la place de l’homme », dans certaines communautés.  Enfin au niveau sociétal ou structurel, nous pouvons relever certains éléments pouvant contribuer au phenomene tels que le non-respect des droits de la femme, l’impunité dont bénéficient les meurtriers, la corruption dans le system judiciaire, le poids de la tradition et de la religion, et l’irresponsabilité des autorités et surtout de l’Etat à se prononcer véritablement sur la question.  Les actions concrètes entreprises contre le féminicide Alors que de nombreuses africaines restent soumises à de multiples abus, des acteurs communautaires, des femmes influentes et de jeunes militantes luttent ardemment pour une mise en place efficiente de dispositions législatives contre le féminicide en Afrique. Les Etats africains signataires de traités internationaux garantissant la lutte contre ces violences peinent à faire appliquer leurs engagements, et ce malgré l’adoption de lois plus sévères. Les autorités politiques sont en réalité entravées par le droit coutumier, souvent prééminent sur le droit moderne, notamment en zones rurales. Une supériorité qui favorise une culture de l’impunité, où les arrangements à l’amiable entravent le bon déroulement du processus judiciaire. En ce qui concerne le rôle de l'État, de nombreux pays n'ont pas de législation sur le féminicide, de sorte qu'aucune information n'est recueillie, expliquant de manque de données fiables et récentes sur l’ampleur du phénomène. Même lorsqu'ils incluent le féminicide dans leur législation, plusieurs d’entre eux peinent à créer un climat favorable (pour que les survivantes et les familles signalent les violences), ou n'ont pas réussi à mettre en œuvre une collecte et une publication adéquates des informations locales. C’est face à ce constat d’inefficacité des institutions qu’ont émergé de nouveaux acteurs engagés pour changer les mentalités et protéger la vie des femmes. Là où les campagnes publiques de sensibilisation échouent à convaincre des époux ou des hommes de bannir la violence contre les femmes, chefs religieux, autorités traditionnelles et mouvements d’activistes apparaissent comme des intermédiaires légitimes. Certaines actions ont également été entreprises pour éradiquer ce phénomène. Au Sénégal par exemple, plusieurs leaders religieux et communautaires ont décidé de sortir du silence et de sensibiliser leurs fidèles lors des prières du vendredi. Ils enjoignent en effet les maris à ne pas violenter leurs épouses. Dans la lutte contre le féminicide en Afrique, l’apport des organisations dans la lutte contre le féminicide est tout aussi remarquable. En 2021, L’IPPF région Afrique, en consortium avec quatre autres organisations internationales a lancé un projet intitulé : « Feminist Opportunities Now » (FON), qui a pour objectif de renforcer les capacités des mouvements de femmes, via des subventions aux organisations féministes locales dans 9 pays – dont 6 en Afrique, avec un effort particulier pour atteindre les petites organisations locales, souvent non enregistrées, pour aborder et répondre à la violence basée sur le genre. Le projet fera avancer l'agenda féministe en s'attaquant à la violence sexiste afin de promouvoir, protéger et réaliser les droits humains de tous. Malgré les avancées observées dans plusieurs pays africains à ce jour (notamment à travers les lois, les manifestations et la volonté politique apparente), le féminicide sévit toujours. Combattre ce fléau mondial, c’est agir non seulement au niveau de l’éducation mais également au niveau des institutions. S’agissant de l’éducation, il est important de mettre fin, surtout chez les plus jeunes, à ces attitudes violentes à travers l’école, les foyers et les communautés ou ils évoluent. Enfin, en ce qui concerne les institutions, les Etats doivent mettre en œuvre plusieurs politiques publiques en faveur de cette lutte contre les violences envers les femmes, notamment le féminicide. BIBLIOGRAPHIE :    OMS : Fiche d’information « Comprendre et lutter contre la violence à l’égard des femmes » https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/86253/WHO_RHR_12.38_fre.pdf ONU Femmes : « Etat des lieux de la situation dans le monde »  https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2019/11/25/feminicides-etat-des-lieux-de-la-situation-dans-le-monde Amnesty international « Rapport 21/22 » : https://www.amnestyalgerie.org/wp-content/uploads/2022/03/Rapport-Annuel-Amnesty-International-FR.pdf UNFPA « Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles » : https://www.unfpa.org/fr/events/journee-internationale-pour-lelimination-des-violences-faites-aux-femmes TV5 Monde « Etat des lieux des violences faites aux femmes en Afrique »  : https://information.tv5monde.com/afrique/etat-des-lieux-des-violences-faites-aux-femmes-en-afrique-433820 L’article « le foyer , l’endroit le plus dangereux pour les femmes » UNODC ( office des nations unies contre la drogue et le crime ) : https://www.unodc.org/unodc/fr/frontpage/2018/November/le-foyer--lendroit-le-plus-dangereux-pour-les-femmes-o-la-majorit-des-femmes-victimes-dhomicide-dans-le-monde-sont-tues-par-leur-partenaire-ou-leur-famille--selon-une-tude-de-lonudc.html                                                  Par Nancy ADEPAUD et Martine OUEDRAOGO,                                              Stagiaires à l'IPPF Région Afrique et Militantes pour les Droits de la Femme

The Greats - Anna Zolnierowicz - The Future Is Female
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| 05 December 2022

16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre - LE FEMINICIDE

Le terme « Féminicide » a été défini pour la première fois en 1976 par l’auteure féministe sud-africaine Diana Elisabeth Hamilton Russel comme « le fait pour des hommes de commettre un meurtre sur des femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes ».  Pour être qualifié de féminicides, l’assassinat d’une femme doit nécessairement être associé à des motifs liés à son identité de femme.  Ainsi une femme tuée dans un cambriolage ou par un chauffard ne peut pas être de facto considérée comme victime d’un féminicide. Le meurtrier n’est pas nécessairement un homme.  Les types de féminicides Le terme féminicide fait allusion à deux types de crimes : le féminicide intime et le féminicide non intime. Le premier est commis par un conjoint, un ex conjoint ou un membre de la famille. Selon une étude citée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 35 % des femmes tuées dans le monde le seraient par leur partenaire, contre 5 % seulement des meurtres concernant les hommes.  Le second est commis par un inconnu. Les exemples les plus fréquemment cités sont les centaines de femmes tuées durant de nombreuses années à Ciudad Juarez, au Mexique, ou la tuerie antiféministe à l’Ecole polytechnique de Montréal en 1989. Cependant l’OMS reconnaît deux (02) autres catégories de féminicide en plus de ceux-là : il s’agit du crime d’honneur et le féminicide lié à la dot.  Le crime d’honneur est pratiqué par un homme ou une femme membre de la famille ou du clan de la victime, lorsqu’une femme est accusée d’avoir transgressé des lois morales ou des traditions — commettre un adultère, avoir des relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, ou même avoir subi un viol — pour protéger la réputation de la famille. Quant au féminicide lié à la dot, il correspond à l’homicide d’une femme par sa belle-famille, lors du mariage dû à une dot insuffisante (pratiqué notamment en Inde).  Le féminicide en Afrique Globalement, nous constatons un manque de données et une insuffisance d’analyses portant sur le féminicide en Afrique. Au-delà d’un besoin et de l’existence de données complètes récentes, fiables, et d’analyses sociologiques traitant de cette thématique, les experts s’accordent sur le fait que les statistiques disponibles sous-estiment vraisemblablement l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. En Côte d’Ivoire, à Bocanda, en avril 2021, un cultivateur résidant à Abouakro, M. Paul, est soupçonné d’avoir ôté la vie à sa femme, dans la nuit du jeudi 8 avril 2021, pour cause d’infidélité présumée.   Récemment , le jeudi 10 novembre 2022, Une femme enceinte est morte après avoir été poignardée par son voisin dans un immeuble, à Yopougon quartier Ananeraie.   Les continents africains et américains sont les régions où les femmes risquent le plus d'être tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. En Afrique, le taux était d'environ 3,1 victimes pour 100 000 femmes, tandis qu'il était de 1,6 sur le continent américain, 1,3 en Océanie et 0,9 en Asie. Le taux le plus bas a été enregistré en Europe, avec 0,7 victime pour 100 000 femmes. Avec un taux d’homicides conjugaux/familiaux de 3,1 pour 100 000 femmes, l’Afrique est la région où les femmes ont le plus de risques de se faire tuer par un partenaire intime ou un membre de la famille.  Selon une étude d’ONU Femmes, l’Afrique comptait en 2019 19 000 cas de décès de femmes, dont 10 000 dus au partenaire (intime). Et 69% des femmes tuées en 2017 l’avaient été par leur partenaire ou par un membre de la famille.   Au Zimbabwe, en 1998, parmi les affaires de meurtres dont avait été saisie la Cour supérieure de Harare, six sur dix (6/10) avaient trait à la violence conjugale. En Côte d’Ivoire, une enquête inédite initiée et financée par l’organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM), ONG fondée par la juriste Sylvia Apata, a révélé environ 416 cas de féminicides à Abidjan entre 2019 et 2020, et des milliers de cas de violences basées sur le genre. Amnesty International estime qu’en Afrique du Sud, toutes les six (06) heures en moyenne, une femme est tuée par son mari ou son compagnon. Un chiffre alarmant qui place le pays parmi les plus dangereux pour les femmes, avec un niveau de violence comparable à celui d’un pays en guerre. Apres l’Afrique du Sud, le Sénégal est aussi cité parmi les pays dans lesquels les cas de féminicides sont nombreux. Les facteurs ou causes majeurs du féminicide  Les facteurs du féminicide sont multiples et se trouvent à plusieurs niveaux : individuel, communautaire, sociétal et structurel.   Au niveau individuel, plusieurs éléments peuvent être relevés. Il s’agit entre autres, le manque d’autonomisation des femmes, de ressources financières limitées, d’un taux de chômage élevé, ou de délinquance par exemple. Au niveau relationnel ou familial, nous pouvons énumérer les problèmes de santé mentale des partenaires qui deviennent agressifs, la volonté de domination et d’emprise sur sa partenaire, refus de liberté de la femme, soupçon d’infidélité, paranoïa, traumatisme dû à une incapacité à supporter une rupture, volonté de séparation, entre autres.  Au niveau communautaire, on constate de facto une inégalité entre les sexes. Ce qui fait que lorsque certaines femmes désirent s’émanciper et prendre les devants ou réclamer leurs droits, elles sont mal vues et peuvent être assassinées pour cette raison car on pense qu’elles veulent « dominer » ou « prendre la place de l’homme », dans certaines communautés.  Enfin au niveau sociétal ou structurel, nous pouvons relever certains éléments pouvant contribuer au phenomene tels que le non-respect des droits de la femme, l’impunité dont bénéficient les meurtriers, la corruption dans le system judiciaire, le poids de la tradition et de la religion, et l’irresponsabilité des autorités et surtout de l’Etat à se prononcer véritablement sur la question.  Les actions concrètes entreprises contre le féminicide Alors que de nombreuses africaines restent soumises à de multiples abus, des acteurs communautaires, des femmes influentes et de jeunes militantes luttent ardemment pour une mise en place efficiente de dispositions législatives contre le féminicide en Afrique. Les Etats africains signataires de traités internationaux garantissant la lutte contre ces violences peinent à faire appliquer leurs engagements, et ce malgré l’adoption de lois plus sévères. Les autorités politiques sont en réalité entravées par le droit coutumier, souvent prééminent sur le droit moderne, notamment en zones rurales. Une supériorité qui favorise une culture de l’impunité, où les arrangements à l’amiable entravent le bon déroulement du processus judiciaire. En ce qui concerne le rôle de l'État, de nombreux pays n'ont pas de législation sur le féminicide, de sorte qu'aucune information n'est recueillie, expliquant de manque de données fiables et récentes sur l’ampleur du phénomène. Même lorsqu'ils incluent le féminicide dans leur législation, plusieurs d’entre eux peinent à créer un climat favorable (pour que les survivantes et les familles signalent les violences), ou n'ont pas réussi à mettre en œuvre une collecte et une publication adéquates des informations locales. C’est face à ce constat d’inefficacité des institutions qu’ont émergé de nouveaux acteurs engagés pour changer les mentalités et protéger la vie des femmes. Là où les campagnes publiques de sensibilisation échouent à convaincre des époux ou des hommes de bannir la violence contre les femmes, chefs religieux, autorités traditionnelles et mouvements d’activistes apparaissent comme des intermédiaires légitimes. Certaines actions ont également été entreprises pour éradiquer ce phénomène. Au Sénégal par exemple, plusieurs leaders religieux et communautaires ont décidé de sortir du silence et de sensibiliser leurs fidèles lors des prières du vendredi. Ils enjoignent en effet les maris à ne pas violenter leurs épouses. Dans la lutte contre le féminicide en Afrique, l’apport des organisations dans la lutte contre le féminicide est tout aussi remarquable. En 2021, L’IPPF région Afrique, en consortium avec quatre autres organisations internationales a lancé un projet intitulé : « Feminist Opportunities Now » (FON), qui a pour objectif de renforcer les capacités des mouvements de femmes, via des subventions aux organisations féministes locales dans 9 pays – dont 6 en Afrique, avec un effort particulier pour atteindre les petites organisations locales, souvent non enregistrées, pour aborder et répondre à la violence basée sur le genre. Le projet fera avancer l'agenda féministe en s'attaquant à la violence sexiste afin de promouvoir, protéger et réaliser les droits humains de tous. Malgré les avancées observées dans plusieurs pays africains à ce jour (notamment à travers les lois, les manifestations et la volonté politique apparente), le féminicide sévit toujours. Combattre ce fléau mondial, c’est agir non seulement au niveau de l’éducation mais également au niveau des institutions. S’agissant de l’éducation, il est important de mettre fin, surtout chez les plus jeunes, à ces attitudes violentes à travers l’école, les foyers et les communautés ou ils évoluent. Enfin, en ce qui concerne les institutions, les Etats doivent mettre en œuvre plusieurs politiques publiques en faveur de cette lutte contre les violences envers les femmes, notamment le féminicide. BIBLIOGRAPHIE :    OMS : Fiche d’information « Comprendre et lutter contre la violence à l’égard des femmes » https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/86253/WHO_RHR_12.38_fre.pdf ONU Femmes : « Etat des lieux de la situation dans le monde »  https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2019/11/25/feminicides-etat-des-lieux-de-la-situation-dans-le-monde Amnesty international « Rapport 21/22 » : https://www.amnestyalgerie.org/wp-content/uploads/2022/03/Rapport-Annuel-Amnesty-International-FR.pdf UNFPA « Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles » : https://www.unfpa.org/fr/events/journee-internationale-pour-lelimination-des-violences-faites-aux-femmes TV5 Monde « Etat des lieux des violences faites aux femmes en Afrique »  : https://information.tv5monde.com/afrique/etat-des-lieux-des-violences-faites-aux-femmes-en-afrique-433820 L’article « le foyer , l’endroit le plus dangereux pour les femmes » UNODC ( office des nations unies contre la drogue et le crime ) : https://www.unodc.org/unodc/fr/frontpage/2018/November/le-foyer--lendroit-le-plus-dangereux-pour-les-femmes-o-la-majorit-des-femmes-victimes-dhomicide-dans-le-monde-sont-tues-par-leur-partenaire-ou-leur-famille--selon-une-tude-de-lonudc.html                                                  Par Nancy ADEPAUD et Martine OUEDRAOGO,                                              Stagiaires à l'IPPF Région Afrique et Militantes pour les Droits de la Femme

IPPF West Africa EDs and YAM Presidents in Abidjan, Cote d'Ivoire
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| 28 October 2022

La Côte d’Ivoire reçoit les associations membres de l’IPPF de l’Afrique de l’Ouest et du centre pour le lancement du nouveau sous bureau IPPF de la sous-région

Le bureau Afrique de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (IPPF) a réuni du 17 au 22 octobre à Abidjan, l’ensemble des Directeurs exécutifs et Présidents des Mouvements d'Actions des Jeunes (MAJ) de ses Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (francophones, anglophones et lusophones) dans le cadre du lancement de son nouveau sous bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.   Avec cet ancrage dans la sous-région, l’IPPF souhaite d’une part se rapprocher de ses associations membres et partenaires de collaboration, tout en leur fournissant un appui technique plus soutenu, et d’autre part à créer des alliances stratégiques en vue d’amplifier le plaidoyer autour de problématiques clés relatives aux droits des femmes et des jeunes et plus spécifiquement, leurs droits à la santé sexuelle et reproductive. Dans son allocution d’introduction, la Directrice Régionale de IPPF, Marie Evelyne Pétrus-Barry a souhaité que « ...la fédération grandisse afin de mieux influencer les politiques publiques et atteindre les zones où les besoins en services de santé sexuelle et reproductive ne sont pas rencontrés ».  Elle également insisté sur l’implication effective des jeunes dans les questions de la Fédération et de des Associations Membres conformément au nouveau cadre stratégique : « Nous souhaitons que cet atelier soit pour vous jeunes, une réelle opportunité d’exprimer vos envies et vos espoirs pour votre sous-région, pour vos associations membres et pour l’IPPF plus largement ». Durant les quatre jours d’atelier, les trente-huit (36) représentants des dix-huit Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont discuté et élaboré un plan d’action matérialisant la nouvelle vision de l’IPPF articulée autour des objectifs du nouveau cadre stratégique sur la période 2023-2028 avec un accent particulier les questions de plaidoyer. Les participants ont notamment exploré et discuté sur une compréhension commune du plaidoyer en tant que mot et en tant qu'action, la situation du plaidoyer dans le projet de cadre stratégique et comment il s'aligne sur le travail de plaidoyer déjà effectué au niveau national.  A ce propos, Dr AKU Abubakar, directeur exécutif du “Planned Parenthood Féderation of Nigeria’ a estimé que  “Le plaidoyer est une partie essentielle de notre travail ; sans plaidoyer, il serait difficile de réaliser nos programmes". Le plan d'action issu de cette rencontre  contribuera ainsi à renforcer la synergie entre les associations membres de l'IPPF et à consolider leurs initiatives communes de plaidoyer pour l'accès des femmes à des services de santé sexuelle et reproductive adaptés et diversifiés. L’atelier a également été l'occasion pour les représentants de Mouvements Actions Jeunes de plaider pour le renforcement des capacités des jeunes afin qu'ils puissent mieux contribuer à la fourniture de services SDSR de qualité aux populations marginalisées. “Les jeunes jouent un rôle de facilitateur de l'Education Complète à la Séxualité (ECS), de pairs éducateurs sur la Santé Sexuelle et Réproductive (SSR) au niveau communautaire pour faire évoluer les normes, croyances et traditions défavorables.” a soutenu Aliu IDRISSU, le Président MAJ du Ghana. Une session a été également consacrée à la préparation stratégique et logistique de la prochaine Assemblée Générale de IPPF à Bogota en novembre prochain à laquelle l’ensemble des participants doivent prendre part.  Selon Comlan Christian AGBOZO, Directeur exécutif l’Association Béninoise pour le Bien Être Familial, « cet atelier a été une belle occasion de brassage et de partage d’expériences entre les directeurs exécutifs après un long moment de contacts distants liés à la COVID 19 ». Il poursuit « je félicite l’équipe IPPF pour cette initiative de mettre en place un sous bureau en Afrique de l’Ouest, cela se traduit par un rapprochement de l’administration aux administrés, donc que nos préoccupations puissent être rapidement prises en compte ».    Les quatre jours d’atelier se sont achevés sur une note très festive avec une soirée de lancement officiel du nouveau sous bureau avec des performances artistiques et culturelle. A cette occasion, Richard ALLOW, directeur exécutif de l’Association Ivoirienne pour le Bien Être Familial (AIBEF) à pour sa part, au nom de tous les directeurs exécutifs présents,  exprimé toute sa gratitude et la joie de son équipe à recevoir en terre ivoirienne le nouveau sous bureau « En tant qu’ivoirien, je suis très fier que mon pays ait été choisi pour abriter le sous bureau et je souhaite que cette nouvelle présence puisse nous aider à accentuer nos efforts dans la fourniture des services de santé sexuelle et reproductive ». Joyce Rosie AYONG, la Présidente du MAJ Cameroun a remercié l’initiative au nom de tous les jeunes présents : « Nous remercions l’équipe IPPF pour ces quatre jours d’atelier très enrichissants. Parler des questions jeunes avec des représentants des jeunes que nous sommes, c’est la meilleure manière d’impliquer les jeunes dans les prises de décisions concernant les jeunes ». Le nouveau sous bureau de l’IPPF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est situé l’adresse: Angré 9ème tranche, près de l’immeuble CGK, BP : 06 BPM 2575 ABIDJAN 06, Abidjan - Côte D’Ivoire

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| 28 October 2022

La Côte d’Ivoire reçoit les associations membres de l’IPPF de l’Afrique de l’Ouest et du centre pour le lancement du nouveau sous bureau IPPF de la sous-région

Le bureau Afrique de la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (IPPF) a réuni du 17 au 22 octobre à Abidjan, l’ensemble des Directeurs exécutifs et Présidents des Mouvements d'Actions des Jeunes (MAJ) de ses Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (francophones, anglophones et lusophones) dans le cadre du lancement de son nouveau sous bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.   Avec cet ancrage dans la sous-région, l’IPPF souhaite d’une part se rapprocher de ses associations membres et partenaires de collaboration, tout en leur fournissant un appui technique plus soutenu, et d’autre part à créer des alliances stratégiques en vue d’amplifier le plaidoyer autour de problématiques clés relatives aux droits des femmes et des jeunes et plus spécifiquement, leurs droits à la santé sexuelle et reproductive. Dans son allocution d’introduction, la Directrice Régionale de IPPF, Marie Evelyne Pétrus-Barry a souhaité que « ...la fédération grandisse afin de mieux influencer les politiques publiques et atteindre les zones où les besoins en services de santé sexuelle et reproductive ne sont pas rencontrés ».  Elle également insisté sur l’implication effective des jeunes dans les questions de la Fédération et de des Associations Membres conformément au nouveau cadre stratégique : « Nous souhaitons que cet atelier soit pour vous jeunes, une réelle opportunité d’exprimer vos envies et vos espoirs pour votre sous-région, pour vos associations membres et pour l’IPPF plus largement ». Durant les quatre jours d’atelier, les trente-huit (36) représentants des dix-huit Associations Membres de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont discuté et élaboré un plan d’action matérialisant la nouvelle vision de l’IPPF articulée autour des objectifs du nouveau cadre stratégique sur la période 2023-2028 avec un accent particulier les questions de plaidoyer. Les participants ont notamment exploré et discuté sur une compréhension commune du plaidoyer en tant que mot et en tant qu'action, la situation du plaidoyer dans le projet de cadre stratégique et comment il s'aligne sur le travail de plaidoyer déjà effectué au niveau national.  A ce propos, Dr AKU Abubakar, directeur exécutif du “Planned Parenthood Féderation of Nigeria’ a estimé que  “Le plaidoyer est une partie essentielle de notre travail ; sans plaidoyer, il serait difficile de réaliser nos programmes". Le plan d'action issu de cette rencontre  contribuera ainsi à renforcer la synergie entre les associations membres de l'IPPF et à consolider leurs initiatives communes de plaidoyer pour l'accès des femmes à des services de santé sexuelle et reproductive adaptés et diversifiés. L’atelier a également été l'occasion pour les représentants de Mouvements Actions Jeunes de plaider pour le renforcement des capacités des jeunes afin qu'ils puissent mieux contribuer à la fourniture de services SDSR de qualité aux populations marginalisées. “Les jeunes jouent un rôle de facilitateur de l'Education Complète à la Séxualité (ECS), de pairs éducateurs sur la Santé Sexuelle et Réproductive (SSR) au niveau communautaire pour faire évoluer les normes, croyances et traditions défavorables.” a soutenu Aliu IDRISSU, le Président MAJ du Ghana. Une session a été également consacrée à la préparation stratégique et logistique de la prochaine Assemblée Générale de IPPF à Bogota en novembre prochain à laquelle l’ensemble des participants doivent prendre part.  Selon Comlan Christian AGBOZO, Directeur exécutif l’Association Béninoise pour le Bien Être Familial, « cet atelier a été une belle occasion de brassage et de partage d’expériences entre les directeurs exécutifs après un long moment de contacts distants liés à la COVID 19 ». Il poursuit « je félicite l’équipe IPPF pour cette initiative de mettre en place un sous bureau en Afrique de l’Ouest, cela se traduit par un rapprochement de l’administration aux administrés, donc que nos préoccupations puissent être rapidement prises en compte ».    Les quatre jours d’atelier se sont achevés sur une note très festive avec une soirée de lancement officiel du nouveau sous bureau avec des performances artistiques et culturelle. A cette occasion, Richard ALLOW, directeur exécutif de l’Association Ivoirienne pour le Bien Être Familial (AIBEF) à pour sa part, au nom de tous les directeurs exécutifs présents,  exprimé toute sa gratitude et la joie de son équipe à recevoir en terre ivoirienne le nouveau sous bureau « En tant qu’ivoirien, je suis très fier que mon pays ait été choisi pour abriter le sous bureau et je souhaite que cette nouvelle présence puisse nous aider à accentuer nos efforts dans la fourniture des services de santé sexuelle et reproductive ». Joyce Rosie AYONG, la Présidente du MAJ Cameroun a remercié l’initiative au nom de tous les jeunes présents : « Nous remercions l’équipe IPPF pour ces quatre jours d’atelier très enrichissants. Parler des questions jeunes avec des représentants des jeunes que nous sommes, c’est la meilleure manière d’impliquer les jeunes dans les prises de décisions concernant les jeunes ». Le nouveau sous bureau de l’IPPF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est situé l’adresse: Angré 9ème tranche, près de l’immeuble CGK, BP : 06 BPM 2575 ABIDJAN 06, Abidjan - Côte D’Ivoire

Zoe Flood_Somaliland_IPPF
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| 08 February 2022

Quel prix pour un monde libéré des mutilations génitales féminines ?

Par Marie-Evelyne Pétrus-Barry et Anush Aghabalyan La COVID-19 continue de perturber la prestation des services de santé essentiels dans 90 % des pays du monde. L'Orchid Project, une organisation caritative britannique œuvrant à l'échelle mondiale pour mettre fin à l'excision/mutilation génitale féminine (E/MGF), a également démontré que peu après la mise en œuvre des mesures de confinement, des rapports ont été publiés confirmant que les taux d'E/MGF étaient en hausse. Alors que les efforts de prévention étaient en passe d'éviter 46,5 millions de cas d'E/MGF, les experts prévoient désormais que les retards causés par la pandémie de COVID-19 réduiront de 33% les progrès attendus pour mettre fin aux E/MGF. Selon un rapport conjoint de l'UNICEF et de l'UNFPA, on estime que 2 millions de filles supplémentaires risquent d'être excisées au cours de la prochaine décennie, ce qui portera le nombre total de filles à risque à 70 millions d'ici 2030. Ces chiffres imposants sont tout simplement inacceptables. Avant que la COVID-19 ne ralentisse les progrès en matière d'élimination de l'E/MGF, l’objectif 5.3.2 des Objectifs de développement durable visant à mettre fin à l'excision d'ici 2030 était déjà un engagement ambitieux. Mais la rhétorique n’as pas été assortie d'engagements financiers, et ce manque de ressources n'a été qu'exacerbé par la pandémie de COVID-19. Il suffit de 95 dollars US pour éviter un seul cas d'E/MGF et protéger le droit des filles à la santé, à l'intégrité corporelle, à une vie sans violence et à la jouissance de leur sexualité. Un prix relativement faible à payer, qui fait pâle figure en comparaison des dépenses mondiales consacrées à une militarisation croissante (près de 2 000 milliards de dollars par an) et à une croissance fondée sur l'exploitation des ressources naturelles. En investissant 2,4 milliards de dollars d'ici 2030, nous pourrions mettre fin à l'E/MGF dans 31 pays prioritaires. Pourtant, seuls 275 millions de dollars sont disponibles - soit à peine 4 dollars par fille à risque - ce qui laisse un déficit de financement de plus de 2,1 milliards de dollars. Les filles et les femmes qui ont subi une E/MGF vivent principalement en Afrique subsaharienne et dans les États arabes, mais l'E/MGF est également pratiquée dans certains pays d'Asie, d'Europe de l'Est et d'Amérique latine. Seuls deux pays d'Asie communiquent actuellement des données nationales sur la prévalence de l'E/MGF. Parmi eux l'Indonésie, où 15 millions de filles subiront cette pratique d'ici 2030. L'ampleur réelle du nombre de femmes et de filles touchées par l'E/MGF dans les 11 autres pays de la région où cette pratique reste inconnue. En Afrique, les filles sont plus nombreuses à être excisées entre 0 et 14 ans que dans toute autre tranche d'âge. Les taux de prévalence vont de 15 % à plus de 95 % des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans, certains pays d'Afrique centrale et occidentale représentant une grande partie des chiffres. Investir dans les filles et les femmes est un élément central de la stratégie de l'Union africaine pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, récemment adoptée, ainsi que de l'Agenda 2063 de transformation de l'Afrique, qui, sous l'Aspiration 6, appelle à mettre fin à toutes les formes de violence basée sur le genre, y compris l'E/MGF. L'IPPFAR, par le biais de son sous-bureau auprès de l'Union africaine, galvanise l'action politique pour accélérer l'élimination des MGF/E sur le continent. En outre, grâce à des campagnes de sensibilisation et de communication, au plaidoyer et à la sensibilisation, les associations membres de l'IPPFAR s'efforcent d'empêcher l'excision de plus de 50 millions de filles africaines de moins de 15 ans qui risquent d'être soumises à l'E/MGF d'ici 2030 si une action concertée n'est pas entreprise maintenant. Par exemple, de 2009 à 2020, les associations membres de l'IPPF au Soudan, en Mauritanie, au Somaliland et à Djibouti ont sensibilisé et formé plus de 500 prestataires de services sur l'E/MGF afin de soutenir les clients touchés par l'E/MGF, plus de 25 000 élèves et étudiants et plus de 200 décideurs.  De même, entre 2015 et 2019, Orchid Project a rassemblé des organisations locales de base par le biais d'ateliers de partage des connaissances; 12 ateliers ont été organisés au Kenya, en Tanzanie, au Nigeria, au Somaliland et en Sierra Leone. Au Kenya, en s'engageant dans un programme de consortium avec la Coalition sur la violence à l'égard des femmes (COVAW), S.A.F.E. Kenya et leurs équipes SAFE Maa et SAFE Samburu, Orchid vise également à accélérer la fin de cette pratique au sein des communautés maasaï et samburu du Kenya. En cette journée de tolérance zéro, le projet Orchid, soutenu par la Fédération internationale pour la planification familiale, région Afrique (IPPFAR) et d'autres partenaires, a lancé un appel mondial à l'augmentation des financements pour intensifier les efforts visant à éliminer cette pratique extrêmement nocive d'ici 2030. Par le biais de la campagne "What's the Gap", les organisations de base élèvent leur voix collective pour demander aux gouvernements, aux fondations, au secteur privé et aux autres donateurs potentiels d'augmenter de toute urgence le financement du secteur de l'E/MGF. Il est essentiel que les investissements proviennent de différentes sources - donateurs multilatéraux, philanthropie et secteur privé, en plus des ressources nationales engagées par les gouvernements nationaux. La campagne souligne également que les organisations communautaires locales et les groupes de la société civile savent mieux que quiconque où et quoi faire pour mettre fin aux MGF/E dans les communautés où les incidents sont les plus fréquents. Ainsi, l'augmentation du financement permettrait d'informer et de former les principales parties prenantes, de commander des recherches, d'animer davantage d'ateliers pour sensibiliser les hommes et les garçons, de créer des espaces sûrs pour les jeunes survivantes et de proposer pour les exciseuses.eurs des formations professionnelles alternatives. Alors que la pandémie de COVID-19 se poursuit, restreignant l'accès des filles à l'école et limitant l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive, il est urgent d'investir au niveau mondial pour mettre fin à la pratique néfaste des MGF/E si nous voulons atteindre une incidence nulle d'ici 2030. Luttons tous ensemble et engageons-nous à combler le déficit de financement ! Marie-Evelyne Pétrus-Barry est la directrice régionale de la Fédération internationale pour la planification familiale pour la région Afrique (IPPFAR) ; Anush Aghabalyan est la responsable de la politique et du plaidoyer du projet Orchid. ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Commémorée chaque année le 6 février, la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines vise à amplifier et à orienter les efforts vers l'élimination de cette pratique néfaste. Le thème de cette année est : Accélérer les investissements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines - en investissant dans des programmes visant à fournir des services et des réponses aux personnes touchées et aux personnes à risque, ainsi que dans l'élaboration et l'application de lois et le renforcement des capacités institutionnelles en vue d'éradiquer les mutilations génitales féminines.

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| 06 February 2022

Quel prix pour un monde libéré des mutilations génitales féminines ?

Par Marie-Evelyne Pétrus-Barry et Anush Aghabalyan La COVID-19 continue de perturber la prestation des services de santé essentiels dans 90 % des pays du monde. L'Orchid Project, une organisation caritative britannique œuvrant à l'échelle mondiale pour mettre fin à l'excision/mutilation génitale féminine (E/MGF), a également démontré que peu après la mise en œuvre des mesures de confinement, des rapports ont été publiés confirmant que les taux d'E/MGF étaient en hausse. Alors que les efforts de prévention étaient en passe d'éviter 46,5 millions de cas d'E/MGF, les experts prévoient désormais que les retards causés par la pandémie de COVID-19 réduiront de 33% les progrès attendus pour mettre fin aux E/MGF. Selon un rapport conjoint de l'UNICEF et de l'UNFPA, on estime que 2 millions de filles supplémentaires risquent d'être excisées au cours de la prochaine décennie, ce qui portera le nombre total de filles à risque à 70 millions d'ici 2030. Ces chiffres imposants sont tout simplement inacceptables. Avant que la COVID-19 ne ralentisse les progrès en matière d'élimination de l'E/MGF, l’objectif 5.3.2 des Objectifs de développement durable visant à mettre fin à l'excision d'ici 2030 était déjà un engagement ambitieux. Mais la rhétorique n’as pas été assortie d'engagements financiers, et ce manque de ressources n'a été qu'exacerbé par la pandémie de COVID-19. Il suffit de 95 dollars US pour éviter un seul cas d'E/MGF et protéger le droit des filles à la santé, à l'intégrité corporelle, à une vie sans violence et à la jouissance de leur sexualité. Un prix relativement faible à payer, qui fait pâle figure en comparaison des dépenses mondiales consacrées à une militarisation croissante (près de 2 000 milliards de dollars par an) et à une croissance fondée sur l'exploitation des ressources naturelles. En investissant 2,4 milliards de dollars d'ici 2030, nous pourrions mettre fin à l'E/MGF dans 31 pays prioritaires. Pourtant, seuls 275 millions de dollars sont disponibles - soit à peine 4 dollars par fille à risque - ce qui laisse un déficit de financement de plus de 2,1 milliards de dollars. Les filles et les femmes qui ont subi une E/MGF vivent principalement en Afrique subsaharienne et dans les États arabes, mais l'E/MGF est également pratiquée dans certains pays d'Asie, d'Europe de l'Est et d'Amérique latine. Seuls deux pays d'Asie communiquent actuellement des données nationales sur la prévalence de l'E/MGF. Parmi eux l'Indonésie, où 15 millions de filles subiront cette pratique d'ici 2030. L'ampleur réelle du nombre de femmes et de filles touchées par l'E/MGF dans les 11 autres pays de la région où cette pratique reste inconnue. En Afrique, les filles sont plus nombreuses à être excisées entre 0 et 14 ans que dans toute autre tranche d'âge. Les taux de prévalence vont de 15 % à plus de 95 % des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans, certains pays d'Afrique centrale et occidentale représentant une grande partie des chiffres. Investir dans les filles et les femmes est un élément central de la stratégie de l'Union africaine pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, récemment adoptée, ainsi que de l'Agenda 2063 de transformation de l'Afrique, qui, sous l'Aspiration 6, appelle à mettre fin à toutes les formes de violence basée sur le genre, y compris l'E/MGF. L'IPPFAR, par le biais de son sous-bureau auprès de l'Union africaine, galvanise l'action politique pour accélérer l'élimination des MGF/E sur le continent. En outre, grâce à des campagnes de sensibilisation et de communication, au plaidoyer et à la sensibilisation, les associations membres de l'IPPFAR s'efforcent d'empêcher l'excision de plus de 50 millions de filles africaines de moins de 15 ans qui risquent d'être soumises à l'E/MGF d'ici 2030 si une action concertée n'est pas entreprise maintenant. Par exemple, de 2009 à 2020, les associations membres de l'IPPF au Soudan, en Mauritanie, au Somaliland et à Djibouti ont sensibilisé et formé plus de 500 prestataires de services sur l'E/MGF afin de soutenir les clients touchés par l'E/MGF, plus de 25 000 élèves et étudiants et plus de 200 décideurs.  De même, entre 2015 et 2019, Orchid Project a rassemblé des organisations locales de base par le biais d'ateliers de partage des connaissances; 12 ateliers ont été organisés au Kenya, en Tanzanie, au Nigeria, au Somaliland et en Sierra Leone. Au Kenya, en s'engageant dans un programme de consortium avec la Coalition sur la violence à l'égard des femmes (COVAW), S.A.F.E. Kenya et leurs équipes SAFE Maa et SAFE Samburu, Orchid vise également à accélérer la fin de cette pratique au sein des communautés maasaï et samburu du Kenya. En cette journée de tolérance zéro, le projet Orchid, soutenu par la Fédération internationale pour la planification familiale, région Afrique (IPPFAR) et d'autres partenaires, a lancé un appel mondial à l'augmentation des financements pour intensifier les efforts visant à éliminer cette pratique extrêmement nocive d'ici 2030. Par le biais de la campagne "What's the Gap", les organisations de base élèvent leur voix collective pour demander aux gouvernements, aux fondations, au secteur privé et aux autres donateurs potentiels d'augmenter de toute urgence le financement du secteur de l'E/MGF. Il est essentiel que les investissements proviennent de différentes sources - donateurs multilatéraux, philanthropie et secteur privé, en plus des ressources nationales engagées par les gouvernements nationaux. La campagne souligne également que les organisations communautaires locales et les groupes de la société civile savent mieux que quiconque où et quoi faire pour mettre fin aux MGF/E dans les communautés où les incidents sont les plus fréquents. Ainsi, l'augmentation du financement permettrait d'informer et de former les principales parties prenantes, de commander des recherches, d'animer davantage d'ateliers pour sensibiliser les hommes et les garçons, de créer des espaces sûrs pour les jeunes survivantes et de proposer pour les exciseuses.eurs des formations professionnelles alternatives. Alors que la pandémie de COVID-19 se poursuit, restreignant l'accès des filles à l'école et limitant l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive, il est urgent d'investir au niveau mondial pour mettre fin à la pratique néfaste des MGF/E si nous voulons atteindre une incidence nulle d'ici 2030. Luttons tous ensemble et engageons-nous à combler le déficit de financement ! Marie-Evelyne Pétrus-Barry est la directrice régionale de la Fédération internationale pour la planification familiale pour la région Afrique (IPPFAR) ; Anush Aghabalyan est la responsable de la politique et du plaidoyer du projet Orchid. ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Commémorée chaque année le 6 février, la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines vise à amplifier et à orienter les efforts vers l'élimination de cette pratique néfaste. Le thème de cette année est : Accélérer les investissements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines - en investissant dans des programmes visant à fournir des services et des réponses aux personnes touchées et aux personnes à risque, ainsi que dans l'élaboration et l'application de lois et le renforcement des capacités institutionnelles en vue d'éradiquer les mutilations génitales féminines.