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Communiqué de presse : "Maintenant ou jamais : sauvons les contraceptifs américains stockés en Belgique !"

C'est maintenant ou jamais : sauvons les contraceptifs américains entreposés en Belgique ! Les contraceptifs financés par l'USAID et destinés à plusieurs pays africains restent inutilement et délibér...

C'est maintenant ou jamais : sauvons les contraceptifs américains entreposés en Belgique !

Les contraceptifs financés par l'USAID et destinés à plusieurs pays africains restent inutilement et délibérément bloqués en Belgique. Une partie de ces produits risque d'expirer dès avril 2028. Si les États-Unis ne libèrent pas rapidement ces fournitures, il ne restera plus suffisamment de temps pour les distribuer, les utiliser ou conclure un accord de transfert avec le gouvernement belge. Cette solution serait également avantageuse pour le gouvernement américain. En effet, un récent rapport du Bureau de l'Inspecteur général de l'USAID révèle que le gouvernement des États-Unis dépense chaque mois 24 000 dollars de fonds publics pour le stockage de ces contraceptifs. Sensoa, Association Membre de l'International Planned Parenthood Federation (IPPF), aux côtés de Countdown 2030 Europe et de l'IPPF, appelle la Belgique et l'Union européenne à devenir des partenaires plus engagés dans la défense de la santé et des droits sexuels et reproductifs.

Vingt camions perdus, quatre peuvent encore être sauvés

Les fournitures stockées à Kallo, en Belgique représentant l'équivalent d'environ vingt camions — ne sont désormais plus utilisables. En revanche, les quatre derniers camions, issus de l'expédition initiale de 24 conteneurs et actuellement entreposés à Geel, contiennent encore des contraceptifs pouvant être utilisés. Le gouvernement américain avait initialement prévu d'incinérer ces produits. Cette décision a toutefois été empêchée par le gouvernement régional flamand, qui interdit l'incinération de dispositifs médicaux encore utilisables. Selon le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, les dates de péremption des contraceptifs s'étendent d'avril 2028 à septembre 2031. Si ces échéances peuvent sembler lointaines, chaque retard réduit le temps disponible pour acheminer ces produits vers les personnes qui en ont besoin. À cela s'ajoute le fait que plusieurs pays destinataires, dont la Tanzanie, appliquent des règles d'importation exigeant qu'une durée minimale de conservation reste disponible au moment de l'entrée des médicaments sur leur territoire.

1,4 million de femmes affectées

Près de 77 % des fournitures étaient destinées à cinq pays africains : la République démocratique du Congo, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et le Mali. Plusieurs de ces pays sont déjà confrontés à de graves crises humanitaires ainsi qu'à des pénuries de contraceptifs. Les estimations de la Reproductive Health Supplies Coalition sont sans appel : la perte délibérée de ces produits entraînerait au minimum 362 000 grossesses non désirées; 161 000 naissances non planifiées; 110 000 avortements à risque. Environ 1,4 million de femmes en Afrique se retrouveraient privées d'un moyen de contraception alors qu'elles souhaitent y avoir accès.

Sans accès à la contraception, les conséquences seront inévitables : augmentation des grossesses non désirées, des grossesses chez les adolescentes, des avortements à risque et de la mortalité maternelle. Les femmes africaines figurent parmi les nombreuses victimes de la politique menée par le président américain Donald Trump contre les droits et la justice en matière de santé reproductive.

Selon le Guttmacher Institute, organisme américain spécialisé dans la recherche sur la santé et les droits sexuels et reproductifs, les 434 317 dollars déjà gaspillés en frais de stockage et d'inventaire auraient permis de fournir des contraceptifs à 43 900 femmes et couples.

Belgique et Union européenne : il est temps d'agir

Le gouvernement américain diffuse des informations erronées sur la contraception et ne retient ces fournitures que pour des raisons idéologiques. Ce sont les femmes des pays du Sud ainsi que les contribuables américains qui en paient le prix. Les États-Unis ne sont plus un allié en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs. Ils imposent désormais au reste du monde une vision ultraconservatrice qui prive les femmes du droit de décider de leur propre corps. Il est temps que la Belgique et plus largement l'Union européenne deviennent des partenaires plus engagés que jamais dans la défense de la santé et des droits sexuels et reproductifs. Les institutions européennes demeurent jusqu'à présent dans un silence assourdissant sur cette question. Le moment est venu pour l'Europe de transformer ses engagements en actions concrètes. Le moment est venu de démontrer que la santé, la dignité et la sécurité des populations partout dans le monde y compris dans les pays du Sud constituent une véritable priorité. Cela doit se traduire dans toutes les négociations internationales ainsi que par des financements suffisants, tant au niveau européen que national. Faites en sorte que cela se réalise.

Note

Les contraceptifs concernés sont principalement des méthodes de longue durée d'action, notamment des dispositifs intra-utérins (DIU), des implants contraceptifs, des contraceptifs injectables ainsi que des comprimés contenant du lévonorgestrel et de l'éthinylestradiol.

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