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Plus de 1,4 million de femmes et de filles en Afrique privées de contraception après la décision des États-Unis de détruire les stocks mondiaux
Pour diffusion immédiate
| 14 August 2025
Plus de 1,4 million de femmes et de filles en Afrique privées de contraception après la décision des États-Unis de détruire les stocks mondiaux
Pour diffusion immédiate 6 août 2025 – La Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) a appris que plus de 9,7 millions de dollars de contraceptifs financés par les États-Unis vont être incinérés en France. Soixante-dix-sept pour cent de ces fournitures médicales essentielles étaient destinées à cinq pays de la région Afrique – République démocratique du Congo (RDC), Kenya, Tanzanie, Zambie et Mali – dont plusieurs font déjà face à de graves crises humanitaires. La destruction de ces contraceptifs privera plus de 1,4 million de femmes et de filles d’un accès à des soins vitaux. Au lieu d’arriver dans les communautés qui en ont le plus besoin, ces fournitures – dont la date d’expiration s’étend pourtant de 2027 à 2029 – seront inutilement et scandaleusement détruites. Les Associations Membres de l’IPPF dans les pays concernés devaient recevoir une partie de ces stocks. À la place, elles se retrouvent confrontées à une baisse brutale de l’approvisionnement, conséquence directe de la décision d’incinération. Plus de 40 % de la valeur totale des contraceptifs stockés à Bruxelles étaient destinés à la Tanzanie. Dr Bakari, coordinateur de projet chez UMATI, l’Association Membre de l’IPPF en Tanzanie, déclare : « Nous faisons face à un immense défi. L’impact des coupes budgétaires de l’USAID a déjà gravement affecté la fourniture de services de santé sexuelle et reproductive en Tanzanie, entraînant une pénurie de contraceptifs, notamment d’implants. Cette pénurie réduit les possibilités de choix des patient·es en matière de planification familiale. » Ce nouveau développement ajoute une couche d’indignation à ce qui est déjà une décision politique cruelle. Ces contraceptifs avaient déjà été produits, emballés et prêts à être distribués. L’IPPF avait proposé de les redistribuer sans aucun coût pour les contribuables américains, mais cette proposition a été refusée. L’administration américaine démontre ainsi que la politique l’emporte sur l’économie, au vu des coûts supplémentaires engendrés par le transport, le stockage et la destruction de ces produits. « La décision de détruire des produits prêts à l’emploi est révoltante et extrêmement gaspilleuse. Ces fournitures médicales vitales étaient destinées à des pays où l’accès aux soins reproductifs est déjà limité, et parfois même intégré à une réponse humanitaire plus large, comme en RDC. Le choix de les incinérer est injustifiable et sape les efforts visant à protéger la santé et les droits des femmes et des filles, » déclare Marie-Evelyne Petrus-Barry, Directrice régionale Afrique de l’IPPF. Les partenaires locaux de l’IPPF en Afrique devront désormais affronter des obstacles accrus pour fournir des soins essentiels et vitaux. Selon la Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC), la perte de ces fournitures pourrait entraîner 362 000 grossesses non désirées et 110 000 avortements à risque : · Tanzanie : 1 031 400 contraceptifs injectables et 365 100 implants ne seront pas distribués. Ces produits représentaient plus de 50 % du soutien annuel de l’USAID au système de santé tanzanien, soit 28 % des besoins annuels du pays. · Mali : 1 100 880 pilules contraceptives et 95 800 implants seront supprimés, soit 24 % des besoins annuels du pays. · Zambie : 48 400 implants et 295 000 contraceptifs injectables ne seront pas livrés aux femmes. · Kenya : 108 000 femmes n’auront pas accès aux implants contraceptifs, représentant 13,5 % des besoins annuels du pays. Nelly Munyasia, directrice exécutive du Reproductive Health Network Kenya, Association Membre de l’IPPF, témoigne : « Au Kenya, les effets de l’arrêt des financements américains se font déjà sentir. Le gel a provoqué des ruptures de stock de contraceptifs, avec des réserves inférieures à cinq mois au lieu des 15 requis ; une réduction du renforcement des capacités pour les professionnel·les de santé ; une perturbation des systèmes logistiques et numériques ; et un déficit de financement de 46 % dans le programme national de planification familiale. Ces reculs systémiques interviennent alors que les besoins non satisfaits en contraception restent élevés : près d’1 fille sur 5, âgée de 15 à 19 ans, est enceinte ou a déjà accouché. Les avortements à risque demeurent parmi les **cinq principales causes de mortalité maternelle au Kenya. » Sarah Durocher, présidente du Planning familial, Association Membre française de l’IPPF, ajoute : « Nous appelons le gouvernement français à prendre ses responsabilités et à agir de toute urgence pour empêcher la destruction de contraceptifs financés par l’USAID. Il est inacceptable que la France, pays qui se revendique de la diplomatie féministe, reste silencieuse pendant que d’autres, comme la Belgique, se mobilisent pour dialoguer avec les États-Unis. Face à cette injustice, la **solidarité avec les personnes qui comptaient sur ces fournitures vitales n’est pas une option : c’est un devoir moral. » « Nous ne resterons pas silencieux·ses pendant que des soins essentiels sont détruits au nom de l’idéologie », conclut Marie-Evelyne Petrus-Barry. Notes : Les partenaires locaux de l’IPPF dans les pays concernés incluent : · Reproductive Health Network Kenya · Chama cha Uzazi na Malezi Bora Tanzania (UMATI) · Association Malienne pour la Protection et la Promotion de la Famille · Planned Parenthood Association of Zambia · Association Burkinabé pour le Bien-Être Familial · Association pour le Bien-Être Familial/Naissances Désirables (Tunisie) RHSC : Reproductive Health Supplies Coalition Pour plus d’informations ou pour organiser une interview, merci de contacter : 📧 [email protected] 📞 +66628683089 À propos de l’International Planned Parenthood Federation (IPPF) L’IPPF est un fournisseur mondial de soins de santé et un défenseur de premier plan des droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR) pour toutes et tous. L’IPPF a été fondée en 1952, lors de la troisième Conférence internationale sur la planification familiale, par un groupe de femmes courageuses et déterminées. Aujourd’hui, nous sommes un mouvement de 158 Associations Membres et partenaires collaboratifs présents dans plus de 153 pays. Nos services sont variés : santé sexuelle, contraception, soins liés à l’avortement, infections sexuellement transmissibles et infections génitales, VIH, obstétrique et gynécologie, accompagnement à la fertilité, lutte contre les violences sexuelles et sexistes, éducation complète à la sexualité, et interventions en situation de crise humanitaire. Notre force réside dans notre présence locale grâce à nos membres, et notre portée mondiale via notre réseau. Au cœur de notre mission : la fourniture de soins de santé intégrés, et le plaidoyer en leur faveur, pour toutes les personnes, sans distinction de race, de genre, de sexe, de revenus, et sans considération de distance.
| 05 February 2025
La RDC : IPPFAR appelle à une désescalade immédiate du conflit, à l'établissement d'un corridor humanitaire et à la protection des femmes et des filles
Nairobi, Kenya : 5 février 2025 - La Fédération internationale pour la planification familiale région Afrique (IPPFAR) appelle à une désescalade immédiate du conflit dans la région Est de la République démocratique du Congo (RDC) et à la mise en place immédiate de corridors humanitaires pour assurer un accès sans entrave à l'aide humanitaire, y compris aux services de santé et de droits sexuels et reproductifs (SDSR). La situation dans l'est de la RDC s'est détériorée de façon catastrophique après la prise de Goma par les groupes armés du M23 entre le 26 et le 29 janvier 2025. L'IPPF a reçu des rapports bouleversants faisant état de souffrances généralisées, de milliers de civils pris au piège et privés de l'aide humanitaire fondamentale, y compris de l'accès aux soins de santé sexuelle et reproductive. Au moins 900 personnes ont été tuées, près de 3 000 ont été blessées et d'innombrables autres ont été déplacées, forcées de se réfugier dans des églises, des écoles et des abris temporaires surpeuplés, où leur sécurité reste précaire. Les partenaires de l'IPPF en RDC rapportent la destruction des infrastructures humanitaires et de services de santé, le pillage par les groupes armés et l'évacuation du personnel des Nations Unies et des ONG internationales humanitaires, ce qui expose les civils à des risques accrus de violence sexuelle, de grossesses non désirées, d'infections sexuellement transmissibles (IST) et d'insécurité alimentaire. "Nous assistons à une catastrophe humanitaire. Les hôpitaux étant inaccessibles et l'accès à l'aide humanitaire bloqué, les femmes enceintes et les victimes de violences sexuelles n'ont nulle part où aller. Les services maternels, la contraception d'urgence, les soins post-viol et les services d'avortement sans risque sont inaccessibles, laissant des milliers de femmes et de filles confrontées à des grossesses forcées, à des infections sexuellement transmissibles et à des traumatismes à vie", a déclaré Marie-Evelyne Petrus-Barry, directrice régionale de l'IPPF Afrique. Les partenaires de l'IPPF dans le pays ne sont pas en mesure de reprendre pleinement tous les services de santé sexuelle et reproductive en situation d'urgence (SRHiE), les orientations et le soutien psychosocial pour des raisons de sécurité du personnel de santé et de pénurie de matériel. L'organisation appelle à la mise en place urgente d'un corridor humanitaire protégé afin de garantir la fourniture de soins vitaux, en particulier pour les personnes qui ont subi des violences sexuelles. "Les conflits brisent des vies et le fait de priver l'accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs ne fait qu'exacerber les souffrances, renforcer les inégalités et priver les personnes, en particulier les femmes et les filles, de leur dignité et de leur avenir. Il s'agit de droits humains fondamentaux, tout aussi essentiels que la nourriture, l'eau et le logement en temps de crise", a ajouté Marie-Evelyne Petrus-Barry, directrice régionale de l'IPPF pour l'Afrique. "Goma abrite plus de 400 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays qui se sont dispersées en raison des affrontements entre l'armée de la RDC et le M23. Les femmes et les enfants qui restent ont une fois de plus été victimes de violences et pourraient être confrontés à des violences sexuelles historiquement utilisées comme arme de guerre contre les civils. La communauté internationale doit privilégier les besoins des femmes et des enfants et prendre des mesures décisives pour empêcher que des atrocités ne soient commises. Nous devons veiller à ce que les personnes les plus vulnérables soient au cœur de notre réponse et, surtout, nous devons nous efforcer d'empêcher les violences sexuelles de se produire ", a déclaré Valérie Dourdin, directrice de la section humanitaire mondiale de l'IPPF. L'IPPF exhorte les dirigeants régionaux, la communauté internationale et les agences des Nations unies à prendre des mesures immédiates pour : Mettre fin à la violence, en demandant à toutes les parties de cesser leur offensive et de mettre fin aux attaques contre les civils, conformément au droit humanitaire international. Garantir l'accès humanitaire et l'acheminement sécurisé et sans entrave de l'aide essentielle, y compris des services de santé sexuelle et reproductive d'urgence, les soins post-viol et l'accès à l'avortement sans risque. Protéger les femmes et les filles en adoptant une approche de tolérance zéro à l'égard des violences sexuelles, en rendant justice et en obligeant les auteurs à rendre des comptes. Garantir un refuge sûr et une protection immédiate aux personnes déplacées, les pays voisins étant invités à accepter et à soutenir les réfugiés. Restaurer les services de santé et rétablir immédiatement les services de santé essentiels et les services de santé sexuelle et reproductive pour soutenir les communautés touchées. Protéger le personnel et les établissements de santé en mettant en œuvre des mesures visant à garantir leur sécurité et à mettre fin aux attaques contre les intervenants de terrain. L'IPPF reste déterminée à défendre les droits et la dignité des personnes touchées par le conflit en cours et continuera à travailler avec ses associations membres pour rétablir l'accès aux services humanitaires de santé sexuelle et reproductive dans l'est de la RDC et dans les pays voisins. FIN Pour plus d'informations ou pour demander une interview, veuillez contacter -Mahmoud GARGA, Lead Strategic Communication, Voice and Media, Bureau régional de l'IPPF pour l'Afrique (IPPFAR) - email : [email protected] / Tel : +254 704 626 920 - Hanna Lund Adcock, Humanitarian Communication Adviser, IPPF Global Humanitarian Team - email: [email protected] / Tel: +44 773 792 49 15 A PROPOS DE L'IPPF RÉGION AFRIQUE (IPPFAR) La Fédération internationale pour la planification familiale région Afrique (IPPFAR) est l'une des principales organisations de prestation de services de santé sexuelle et reproductive (SSR) - dans les situations normales et humanitaires - en Afrique, et l'un des principaux défenseurs de la santé et des droits sexuels et reproductifs (SDSR) dans la région. Basée à Nairobi, au Kenya, l'objectif premier de l'IPPFAR est d'améliorer l'accès des jeunes, des hommes et des femmes les plus vulnérables d'Afrique subsaharienne aux services de santé sexuelle et reproductive, y compris en situation d'urgence (SRHiE). Soutenue par des milliers de bénévoles, l'IPPFAR répond aux défis croissants du continent en matière de santé sexuelle et reproductive par le biais d'un réseau d'associations membres (AM) dans 40 pays. Pour ce faire, nous appuyons nos associations membres pour en faire des entités efficaces, capables de fournir et de maintenir des services de haute qualité, axés sur les jeunes et tenant compte des spécificités de genre. Nous travaillons avec les gouvernements, l'Union africaine, les commissions économiques régionales, le Parlement panafricain, les organes des Nations unies, entre autres, pour élargir les engagements politiques et financiers en faveur de la santé et des droits sexuels et reproductifs en Afrique. 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